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Baisse de motivation et introspection

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Mes baisses de motivation sont caractérisées par deux choses : elles sont cycliques et elles surviennent souvent à moins d’un mois d’une échéance de course.

Il n’est pas rare que je ne coure pas du tout dans les deux semaines précédant une course.

Alors,  why ?

Peut-être à cause de ma terrible peur de l’échec. C’est un trait de caractère malheureusement très structurant dans ma personnalité et dans mes choix de vie. Oui, car ne plus s’entraîner, c’est une excuse toute trouvée pour se défendre de résultats médiocres, ou bien, pour laisser entendre qu’on pourrait faire mieux sans avoir à le prouver.

Peut-être aussi, plus simplement, par lassitude d’un plan d’entraînement. La solution serait alors de rapprocher les objectifs de courses. Mais les réponses trop simples ne conviennent pas à mon esprit prise de tête.

La loose, inconsciemment

J’ai bien peur d’être une looseuse inconsciente. Ce que je veux dire, c’est que j’ai l’impression d’avoir tendance à tout faire foirer inconsciemment. Et pas qu’en course à pied. C’est bien ça le problème.

Je suis toujours plus ou moins en deçà de mes capacités, afin de ne jamais être en situation d’échec. Autant dire que je ne suis pas vraiment une battante. J’ai tellement toujours tout eu facilement, que je ne sais pas me battre. Je souffre aussi d’une incapacité totale à relativiser les choses. Un défaut dû à une vie trop facile sans doute … Je n’ai jamais eu à faire face à une situation très difficile.

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Alors, c’est peut-être aussi pour ça que je veux faire un marathon : pour dépasser ces limites, que je ne franchis jamais. Pour aller plus loin que ma zone de confort, pour prendre le risque d’échouer. Parce qu’échouer, finalement, ce n’est pas si grave si on a les capacités de rebondir. Et parce que réussir quelque chose de risqué est sans doute bien plus satisfaisant que de réussir quelque chose qu’on sait déjà accessible avant même de commencer.

Alors, oui, peut-être qu’un marathon, c’est aussi l’occasion d’une introspection. Mais c’est aussi tester le risque, dans la course à pied, en espérant, peut-être, développer cette façon de vivre les choses dans d’autres domaines de ma vie.

Je réalise qu’on ne perd jamais à se lancer. Par exemple, en commençant cet article, je ne savais pas ce que j’allais raconter. Et puis, j’en viens à découvrir des choses sur moi…

Je note donc, en guise de promesse faite à moi-même, la liste des risques à prendre dans les mois voire les années à venir :

– faire un marathon

– changer de travail

– vivre à l’étranger

– être mon propre patron

– profiter de la vie, toujours

5 comments

  1. Salut,
    J’aime beaucoup le ton de ton blog et particulièrement cet article.

    Même étant d’une génération différente (enfin j’imagine) et ayant plus d’expérience dans la course à pied je comprends et je me retrouve finalement assez dans ce que tu écris. Ressemblais je dirais plutôt car ce sport m’a beaucoup changé, m’a fait énormément gagner confiance en moi et en mes capacités.

    La course est une belle parabole de la vie : rien n’est jamais acquis, les résultats ne s’obtiennent pas sans effort, etc.
    C’est aussi, comme tu le dis, le moyen de mieux se connaître. Ça tombe bien car ce sport laisse énormément de temps pour ça. Il fait non seulement du bien au corps mais aussi à l’esprit.

    Quant à tes baisses de motivation, elles sont partagées par de nombreux sportifs et souvent pour les mêmes raisons que tu évoques. Essaye de te convaincre que l’échec n’existe pas dans la course à pied mais c’est une succession d’étapes : L’important n’est pas de partir d’un point A pour arriver vers un point B mais le chemin parcouru pour y parvenir (l’entraînement, la ténacité, la souffrance parfois). Et même si le point B n’est pas rejoint (il ne l’est pas à chaque fois), énormément de choses auront été apprises durant ce parcours initiatique. Alors autant d’entré de jeu laisser de côté les fausses excuses (je manque de préparation, je n’étais pas à fond, etc.) et analyser sereinement ce qui n’a pas fonctionné. Si tous les objectifs étaient atteints, ça n’aurait aucun intérêt de s’en fixer.

    Bonne motivation et à bientôt !

  2. Salut Fred !
    Tout d’abord merci d’avoir pris le temps de lire mon blog et ensuite, d’avoir rédigé ce commentaire dense et qui me fait réfléchir encore un peu plus… De quoi écrire un autre post je crois !

    Ce que tu me dis me donne beaucoup d’espoir. J’aime la course à pied pour ça : pour peu que tu t’investisses un minimum et que tu donnes de ta personne, tu progresses, tu avances et tu le vois. C’est bien ce qui me semble essentiel … Au delà de « faire des chronos », de « performer ». Tu peux aller plus loin et/ou plus vite et/ou plus haut. J’espère comme toi, gagner en sérénité et en confiance en moi, notamment grâce à ce sport.

    À bientôt !

  3. En réfléchissant à tout ça ce midi (en courant), c’est un des rares sports où les résultats ne dépendent ni de la chance, ni du talent, ni des autres.

    La chance : On peut avoir des jours où on se sent pousser des ailes sans avoir rien fait de particulier mais sur la durée elle n’a aucune influence sur sa progression.

    Le talent : Il donne des prédispositions pour être bon mais ne permet en aucun cas de l’être sans entraînement. D’autre part, ce n’est pas un sport ou la technique peut faire la différence.

    Les autres : Même si on arrive à dépasser le copain/la copine contre-performant ce jour-là, ce n’est pas par rapport aux autres qu’on s’évalue mais bien par rapport à soi-même. C’est d’ailleurs ce qui est le plus gratifiant. On est constamment face à soi-même, sans fard, sans faux-semblant. Et ce qu’on y voit ne fait pas forcément plaisir… Mais c’est ainsi et il faut s’accepter pour pouvoir ensuite se corriger. Il n’est pas question seulement de physique, la course à pied révèle bien des failles (le manque de ténacité, le découragement excessif, la malhonnête intellectuelle, etc.).

    Mais c’est aussi le sport le plus juste ou l’environnement, comme je l’explique plus haut, n’a aucune prise, ou très peu… On peut résumer par « No pain, no gain ».
    Après, est-ce que la progression est indispensable pour se faire plaisir ? Je pense que oui, même si on ne souhaite pas devenir champion. J’aime beaucoup cette expression tibétaine qui résume pour moi parfaitement la course à pied : « Le bonheur n’est pas au bout du chemin, le bonheur est le chemin ».

    Ce n’est donc pas le progrès en soi qui est important mais le cheminement pour y être arrivé. Et ce cheminement est inévitablement une transformation, qu’elle soit physique ou mentale. La transformation, le changement si tu préfères, est je pense, une des choses les plus redoutées par l’être humain, mais pourtant vitale et la plus génératrice d’émotions positives.

    Je pars un peu dans tous les sens mais le sujet mérite effectivement qu’on l’aborde autrement que sur l’aspect purement sportif.

    Merci pour ces échange. C’est intéressant de se reposer de temps en temps la question « Pourquoi je fais ça ? ».

  4. Oui, ça fait du bien de se reposer la question comme tu le dis, je me demande si ce n’est pas un peu la raison d’être de ce blog d’ailleurs …
    J’ai pensé à ce que tu disais l’autre jour, car j’ai entendu une basketteuse de l’équipe de Bourges à la radio. Elle disait, grosso modo, que l’agilité se travaillait, certes, mais qu’il y a des jours où « ça veut pas » et même si tu es très bon et très bien entraîné, il y a quand même un facteur chance qui n’est pas négligeable !
    Je sais pas si c’est le cas pour tout le monde, mais aussi, j’aime ce sport car, quand je progresse, je savoure vraiment cette progression parce que je me dis que je le MÉRITE vraiment, que c’est le fruit du travail, de l’entraînement … Pas un coup de bol ! Tu sais, un côté : tu as soufferts, tu as le droit d’apprécier le bonheur d’avoir amélioré un temps, aussi modeste soit-il. Tu t’en fous, c’est ta progression, tant pis si ce n’est pas louable à je ne sais quel niveau. C’est un peu maso peut-être …
    Merci aussi, je suis particulièrement friande de ce type de questionnement 😉

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