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Ce que l’Ecosse nous a appris : 5 jours de trek dans les Cairngorms

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Ce trek, je le voyais comme un espèce de rite de passage, un concentré de tout ce que nous avons vécu en 5 mois ici, Anto aka El Bûcheron et moi. L’Ecosse nous a sensiblement changés et c’est au travers de cette petite aventure que nous en avons pris conscience.

Vous l’avez sans doute déjà compris, je cherche du sens et des leçons de vie dans tout ce que j’expérimente. La semaine dernière, j’ai été servie. Récit en synthèse d’une belle balade avec un groupe au top …

Le compte-rendu s’organise en 2 parties : d’abord un récit assez bref et axé sur ce que je retire du trek, ensuite le détail plus « technique ». A vous de lire ce qui vous intéresse 😉

5 jours en condensé

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Ça n’a pas été tout le temps une partie de plaisir. La pluie, les midges (voir plus bas pour la présentation de ces charmantes petites bêtes), la fatigue, les nuits agitées, la faim pour certains. Mais je crois qu’il faut vivre et surmonter ces petites difficultés pour atteindre ce sentiment de satisfaction, de joie profonde et authentique qu’on peut ressentir après. Pour autant, on n’a pas cherché à se faire violence non plus et n’avons pas hésité à écourter pour soulager les genoux de deux camarades blessés. L’inconfort oui, la douleur, non.

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Au 4ème jour, après une matinée épouvantable, nous avons hésité à mettre fin au périple avant l’heure. La perspective d’une bonne douche, d’un repas copieux et d’une nuit confortable à portée de main nous tendait la main. Mais la motivation sans faille de l’un d’entre nous a fini par nous dissuader. Apprendre à profiter de l’ici et maintenant. Et on a bien fait : ce fut peut-être notre meilleur moment et les plus beaux points de vus (10 km et près de 1000m de D+ dans l’après-midi).

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En récompense de l’inconfort ponctuel : se réveiller sur le Loch Avon, se sentir seul au monde au cœur d’une vallée encaissée, admirer le mouvement des nuages tout en haut du Devil Point, se réfugier dans un bothy … Autant de petites expériences simples qui ne sont accessibles qu’à la force de sa volonté et de ses jambes.

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Ce que j’ai appris cette semaine, c’est qu’en randonnée, quand c’est difficile, tu peux toujours te rouler en boule, pleurnicher et attendre que quelqu’un te sorte de là, t’apporte le café, les croissants et le canapé … ça ne servira à rien. La seule solution, c’est de continuer à avancer. Marcher sans se poser 10 000 questions.

Et à un moment, la pluie s’arrête, tes vêtements sèchent et le paysage s’éclaire…

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Merci à Antoine, Antony, Bastien, Guillaume et Simon pour cette chouette aventure.

Randonner en Ecosse : quelques points techniques

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AllTourGRAPHNous sommes partis non loin de Braemar, village niché au cœur du Parc National des Cairngorms. Nous avions prévu une boucle passant par Aviemore, où nous ferions un ravitaillement en nourriture, et revenant ensuite au point de départ. La trace de base prévoyait une moyenne de 22km par jour et 700m de D+. Nous ne partions pas faire un exploit sportif mais profiter de ce que l’Ecosse avait à nous offrir. Autonomie partielle donc, du fait du ravitaillement, mais nous avons bivouaqué tous les soirs et avons bu essentiellement de l’eau des rivières (purifiée avec un petit comprimé magique).

  • C’est une trace « maison », nous n’empruntions pas de chemins de « Grandes Randonnées » : il y avait donc des passages techniques, dans les cailloux, la boue, l’eau, qui ralentissent considérablement l’allure.
  • Bonne idée de prévoir des itinéraires bis pour couper en cas de difficulté.
  • Ça semble évident mais l’Ecosse est un pays TRÈS humide. Si vous vous aventurez à fabriquer votre propre parcours, évitez de couper à travers champs, c’est parfois tout simplement impraticable !
  • Je ne compte pas le nombre de rivières/ruisseaux/torrents qu’on a traversé, la plupart du temps grâce à des cailloux ingénieusement disposés. Sauf le premier jour, où il nous a fallu remonter le pantalon et enlever les chaussures pour traverser directement dans l’eau GLACÉE, issue directement du glacier ! Grand moment !

Forcément, en Ecosse, difficile d’échapper à la pluie. L’un d’entre nous avait prévu … Ô idée de génie, des bâches. Ca nous a quand même sauvé 3 soirées (sur 4, ouais).

Il faut s’équiper un minimum : une bonne veste de pluie semble indispensable et surtout, des vêtements qui sèchent VITE. Mine de rien, ça fait une grosse différence. On évite le t-shirt et le gros pantalon en coton.

midges

Dès la fin mai, début juin, l’Ecosse est envahie de midges. Ce sont de charmants petits moucherons qui piquent et qui se déplacent en gros nuages. Ils aiment l’humidité et la tiédeur. Ils détestent le vent. Le soir, il faut donc choisir : c’est soit le vent, soit les midges. Je vous le dis tout de suite : on apprend à aimer le vent. A prévoir :

  • Regarder les prévisions sur midgeforecast.co.uk. On a testé le niveau 2 et c’est déjà un peu chiant. Je n’ose pas imaginer le niveau 5 …
  • S’équiper de répulsif : Smidge ou Skin So Soft de la marque Avon (disponible dans les boutiques de rando ou de souvenirs dans les coins touristiques). On avait du Smidge et ça a été efficace sur tout le monde.
  • S’équiper de moustiquaires de tête : c’est ridicule mais on s’y fait vite.
Bothy en approche !

Bothy en approche !

Petite merveilles écossaises, les bothies sont des petits refuges toujours ouverts, entièrement gratuits et auto-gérés par les randonneurs. Certains sont mieux « équipés » que d’autres (on en a même eu un avec des toilettes !). On peut y dormir mais la place est limitée (2 à 6 randonneurs pour ceux qu’on a croisé). Quoi qu’il en soit, cela permet de s’abriter en cas de conditions météos coriaces et de manger à l’abri. Merci les bothies !

En partant pour cette rando, j’avais surtout peur du sac et de ne pas réussir à le porter sur la longueur. J’ai donc pris le minimum vital et m’en suis sortie sans aucun souci. Il faut avouer, au grand dam de mes convictions féministes, que mes 5 camarades masculins ont tous porté plus lourd que moi. J’avais un sac de 36L mais pour ce format de rando, je pense qu’il faut au moins 50-55L. Quoi qu’il en soit, ne vous chargez pas ! Ca peut gâcher le plaisir …

29 comments

          1. J’ai bien aimé aussi le côté camaraderie du truc en fait. Y’avait des gens qui faisaient ça seul … ça pourrait me brancher mais pas plus de 2 ou 3 jours. C’est trop cool de partager aussi !

    1. Oui c’était vraiment beau. Gros coup de cœur pour le Loch Avon, niché au creux des montagnes, en altitude … Tu ne peux l’atteindre qu’en marchant beaucoup (genre, tu peux pas juste garer ta voiture, marcher 10 min, prendre la photo et repartir tranquilou bilou ^^). J’aurais aussi beaucoup aimé aller vers l’ouest, Glen Coe, la côté ou l’Ile de Skye … Mais c’est infesté de midges à cette époque, c’est vraiment invivable !

    1. De rien, ça me fait super plaisir de partager ça parce que c’était vraiment top ! Un dernier au revoir à l’Ecosse quoi 😉

    1. Ahah mais tu sais que quand j’étais petite, mon rêve c’était de devenir aventurière ?! Genre je cherchais des aventures partout et je comprenais pas trop pourquoi ma vie c’était pas comme dans les dessins animés où il se passe 10 000 trucs. Bon … On se console comme on peut … en randonnant ^^ !

  1. Je suis définitivement fan! Putain qu’est ce que c’est beau!
    Pour le fait de devoir continuer à avancer parce que personne ne viendra t’aider… c’est marrant c’est pile ce que je me dis quand je pars sur un entraînement trail trop long (pour cause de jemesuisperdue généralement).
    Les sacs de couleurs sur la première photo… ça fait un petit peu teletubbies. 😀 J’aime beaucoup.

    Nan vraiment c’est super beau. Pis 5 jours de rando, pas rien. Bien ouéj!

    1. Aaaah je me doutais que ça allait te plaire ! Physiquement c’est pas très très dur, y’avait pas non plus un énorme dénivelé, on a coupé et j’avais un sac vraiment léger … J’trouve que ce sont les conditions météos qui sont plus difficiles. J’appréhendais tout le temps la pluie, je sais pas pourquoi. Enfin, j’avais quand même un début d’inflammation d’un tendon à la fin … Sans doute à cause de mes shoes à 39€ ^^. Quoi qu’il en soit, c’était vraiment génial et très beau (sauf la matinée qu’on a passée dans la brume, ça devait être joli mais on le saura jamais huhu) !!

  2. Ouhaou tes photos sont superbes!!!!
    J’aimerais partir en randonnée en septembre pendant mes vacances mais aucuns amis n’est dispo et je n’ose pas trop le faire seule…
    Mais ça donne franchement envie quand même.

    1. C’est vrai que c’est pas facile de se caler … Il faut trouver des potes qui sont dans le même « trip », libres au même moment, et puis c’est quand même une sacré organisation ! Mais clairement, ça vaut le coup, j’ai eu de la chance 🙂
      Merci en tout cas !

    1. C’est pas une photo à moi hein, je l’ai prise sur le web pour vous impressionner 😉 ! Niveau 2 comme je l’ai expérimenté, c’est chiant mais supportable.

    1. Ahah c’est sûr que parfois, on a l’impression que l’Ecosse fait absolument TOUT pour pas qu’on y aille. Mais bon, au moins, on est pas emmerdés par les touristes ^^.

  3. RRAAAHH SU-PER-BE ! Et BRAVO ! Je ne sais pas si j’en serais capable… même pour ces si beaux paysages. Je suis une petite nature quand il s’agit de randonnées (au grand dam du playboy qui adore ça). M’enfin, ça donne envie de tenter de longues randonnées quand on voit tes photos. BTW, très belle position de danseuse sur la photo avec le pont. Impressive 😉

    1. J’avais un peu peur aussi d’en avoir marre du manque de confort mais en fait c’est presque reposant ! Tu vois, genre, se foutre TOTALEMENT de son apparence pendant 5 jours, c’est trop cool. Et puis j’sais pas, t’as une sensation d’accomplissement quand tu fais ton grand tour … Bref, je te conseille 😀

  4. C’est juste magnifique et ça me donne tellement envie! J’espère pouvoir faire un saut en écosse pendant mon année à Dublin, ça me tente vraiment! Pour la rando, je te comprends tellement quand tu te dis que pleurer et s’arreter ne servirait à rien. Lors d’une rando dans le pays basque à 23km et 900D+ j’en pouvais plus au bout de 6h mais je me disais « marche, tu te rapproches du bout ». On s’en rend pas compte forcément avant de aprtir mais c’est super physique!! Merci pour ce joli article en tout cas 🙂

    1. C’est drôle parce que moi je suis tentée pour aller faire un tour en Irlande ! Il paraît que ça se ressemble un peu … La rando peut être carrément physique oui, avec le sac et l’accumulation, ça devient dur. Ça ressemble vaguement à la fatigue du marathon : tu n’as jamais très mal quelque part mais tu as mal un peu partout pendant longtemps. Mais ça vaut le coup 🙂

  5. Hello,
    Je viens de lire ton billet relatant ce beau mais pluvieux trek en écosse. Il se trouve qu’une semaine après je courrais quasi sur ces traces la  » larig ghru race  » entre Breaemar et aviemor soit 43km et 800D+ dans les conditions que tu décris. Je m’y retrouve !
    Au passage, très sympa ton blog.
    Bonne chance pour Athènes et ta prepa.

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