Ce qui fait courir les filles …

22 mai 2013

C’est dans la tête … !

22 mai 2013

Compte rendu d’invité – La URUN : 10 km à Singapour + 30 étages

22 mai 2013
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En ces temps maussades, j’ai décidé de vous faire voyager un peu cette semaine ! Et pour ça, je vous ai dégoté un invité surprise. Bon, j’ai pas eu à aller le chercher bien loin. Dans mon salon plus précisément.

Il est beau, il est grand, il est fort et … Il court. Il a donc tout pour vous plaire. Et aujourd’hui, il vous raconte une course de 10 km à Singapour, suivie d’un montée de 30 étages : la URUN. Un vrai bonheur !

Je lui laisse la parole.

URUN parcours

« Je ne sais pas vous, mais moi j’adore faire du tourisme en courant. T’arrives quelque part, l’endroit t’est totalement inconnu, tu laces tes running et tu découvres les lieux les cheveux aux vents et l’âme aventurière ! Au hasard des chemins, au hasard des rues, tu te confrontes à la réalité de l’endroit, parfois c’est la misère, parfois c’est moche, parfois il n’y a rien à voir, mais parfois c’est la pépite touristique ! L’instant unique et magnifique ! Le temps qui s’arrête dans un silence de contemplation ! J’exagère à peine… En tout cas, c’est toujours enrichissant et ça donne un sentiment de liberté et de proximité tout particulier. Le rapport espace-temps est différent. Bref, je vous conseille…

Pour des raisons professionnelles, je me suis retrouvé deux mois en Malaisie. Et après une longue période d’arrêt de la course à pied due à un tenace syndrome de l’essuie glace, j’avais besoin de trouver un petit défi pour me remettre en piste ! J’ai donc commencé à surfer sur la toile – comme disent les gens d’une autre génération – en quête d’une course dans la péninsule Malaisienne. J’ai tout d’abord dû me rendre à l’évidence : les malais ne sont pas férus de course à pied et les événements running sont une denrée rare. En élargissant mes recherches, j’ai fini par trouver mon bonheur… juste à côté… dans le pays voisin… à Singapour !

Je décidais donc de participer au 10 km OMB Challenge de la URUN 2013 ! C’est un 10 km sur route autour de Marina Bay qui a pour particularité d’être suivi de l’ascension de la NTUC Tower, une tour de 30 étages. Alléchant, non ?

C’est donc avec la motivation d’un champion du monde que je me suis remis à l’entraînement sur le tapis roulant de la salle de sport climatisée de mon hôtel. Pourquoi courir sur un tapis de course alors que je vous ai vanté les atouts du running tourisme, me direz-vous ? Et vous avez bien raison ! Et bien parce qu’en Malaisie la voiture est reine, le piéton est un aventurier suicidaire et que la nuit tombait avant la fin de mon travail. Donc bon voilà… pas vraiment le choix…

Quelques entraînements plus tard et me voilà, le 24 Février 2013, sur la ligne de départ de l’OMB Challenge. Il est à peine 7h du matin, il fait encore nuit, les gratte-ciels sont encore illuminés et le jour commence à se lever sur Marina Bay. Ça donne une ambiance très sympa, je vous assure ! Un petit détail qui a son importance à Singapour, c’est la chaleur ! Je ne sais pas si vous avez déjà remarqué cela pendant l’hiver, quand il fait froid et humide, Laurent Romejko nous dit : « Il fait 5°C, ressenti -2°C. » Et bien là, c’est exactement l’opposé ! Avec 80% d’humidité, il fait 25°C avec un ressenti à 35°C ! Autant vous dire que mon footing d’échauffement m’a déjà bien fait mouiller le maillot !

OLYMPUS DIGITAL CAMERAA la URUN, il y a du monde et le départ est donné par vague de coureurs toutes les 5 minutes sans distinction de niveau. En attendant que ma vague déferle sur le tarmac, je me permets une petite remarque quant à ce mode de départ curieux. Faire partir une course par vague sans distinction de niveau a pour conséquence de générer une foule inhomogène sur toute la longueur du parcours. Du coup, les bons coureurs passent leur 10 km à se faufiler dans la foule, alors que les moins bon, eux, passent leurs 10 bornes à les laisser passer les bons et à se faire bousculer. Pas top mais bon…

Ça y est, c’est parti !! Je m’élance et commence à doubler les moins rapides. On descend Marina boulevard avec le centre d’affaire derrière nous et on bifurque rapidement à gauche sur l’esplanade longeant la baie. On passe devant le magistrale « Marina Bay Sands » ! Vraiment énorme ! En quelques chiffres : 3 tours de 55 étages surmontées d’une terrasse d’un hectare en forme de bateau, avec palmiers et piscine à débordement. Une folie architecturale à 144 m de haut pour un coût modique de 8 Milliard de dollars. La démesure ! Quelques centaines de mètres plus loin et le premier ravitaillement est déjà là ! Au bout de 2-3Km, Étrange ? JOKER, je passe…

On longe toujours la baie avec de jolis jardins sur la droite. C’est sympa et convivial. On a repris la vague de coureur qui nous précédait. Du coup, je redouble de nouveaux les joggeurs les moins rapides. Il y a un monde pas croyable sur le parcours, mais je me sens plutôt bien… un peu chaud, mais ça va… c’est toujours plus grisant de doubler que de se faire doubler ! Au bout du quai, j’arrive sur un long pont qui traverse la baie. Il fait désormais bien jour. De l’autre côté du pont, on se retrouve de nouveau dans un parc verdoyant et impeccablement entretenu. C’est beau et on pourrait manger par terre. Singapour est réputée pour son côté très ordonné et très réglementé ! Par exemple, les chewing-gums sont purement interdits et on ne peut prendre le métro avec une boisson ouverte sous peine d’amende. Enfin bref, les oiseaux chantent et je suis content ! On fait une boucle dans ce charmant petit parc. Il y a de nouveau un ravitaillement alors qu’on a fait à peine 5 km.  Généralement, je ne prend jamais de ravito sur un 10 km. Donc JOKER, je passe de nouveau…

On  arrive au bout et on fait demi tour en longeant de nouveau la baie. On aperçoit alors de l’autre côté le quartier d’affaire de Marina Bay, ses buildings, sa grande roue, le Art Science Museum et bien sûr la NTUC Tower que je dois monter. Le point de vue est sympa, mais qu’est ce qu’il fait chaud. Je commence à suffoquer… Je ralentis un peu pour reprendre mon souffle. Je crois que je n’ai jamais autant sué. Je suis trempé ! Complètement ! Le T-shirt et le short même combat ! Une éponge ! Ce n’est que quelques foulées plus loin que soudainement je sens venir un mal de tête arriver. Mes jambes s’alourdissent dans le même temps pour devenir des petits bouts de bois ! Je me suis d’abord dit : « C’est quoi ce bordel ! » Avant de comprendre : La déshydratation ! Je découvre donc malgré moi la subtilité de l’URUN et de ses 5 ravitaillements sur un parcours de 10 bornes ! En 6 km de course… j’étais  aussi détrempé à l’extérieur que sec à l’intérieur !

Le problème quand on ressent les effets de la déshydratation, c’est que c’est déjà trop tard. Il n’y a plus qu’à subir la course sous une chaleur de plomb. J’ai soif…. Je ravitaille comme je peux… Je me remotive… Ça repart… je sers les dents, mais 200 m plus loin toujours rien. Le coup de bambou ! Je décide alors de débrancher mon cerveau et de me laisser porter au pied de la tour, tant pis pour le chrono ! Je positive. Tous les bâtiments sont climatisés à Singapour. Donc, je me dis qu’avec l’effet de la température en moins, ça devrait repartir dans la montée des 30 étages. Logique, non ? Je suis généralement très – trop – optimiste pendant mes courses, ça me permet de passer les moments durs.

Ça y est j’y suis. Dernier ravitaillement au pied de la NTUC Tower. Je jette un coup d’œil au sommet. Elle me paraît plus haute qu’avant le départ. Étrange ? « Allez champion ! A toi, la tour ! À toi, la clim ! » Je rentre dans le building, attaque les premières marches de l’escalier de service et me rend tout de suite compte d’un petit détail problématique. Il n’y a pas de clim ! C’est une fournaise ! Il fait encore plus chaud que dehors ! Je suffoque au bout d’un étage à peine. Je bouillonne comme un petit homard dans sa marmite ! Je me raisonne, m’accroche à la rambarde, me cale derrière un copain de course et re-déconnecte mon cerveau. Il fait vraiment chaud, je cherche désespérément de l’air… J’enchaîne les étages les uns après les autres, marche après marche. A force de tourner en rond dans cette cage d’escalier brûlante et sans repère, la montée paraît interminable. Les jambes brûlent  Mais au bout d’une bonne dizaine de minutes, la lueur au bout du tunnel, l’arrivée sur le toit de la NTUC Tower ! La délivrance !

Je reprends mon souffle et mes esprits… et regarde autour du moi… un petit jardinet dans les airs. Sympa ! Et une vue imprenable sur Singapour et sur Marina Bay !

OLYMPUS DIGITAL CAMERALa pépite touristique était là ! La récompense ! La cerise sur le gâteau  que je suis allé chercher à la force de mes petits mollets ! Ça c’est du running tourisme, n’est ce pas ?!

Note pour la prochaine course sous l’équateur : Moins de JOKER et plus d’eau !!! »

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