En route pour Athènes !

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2 septembre 2014

Courchevel X-Trail 33 Km : bien mais pas top!

2 septembre 2014

Après consultations de vos avis éclairés, je me suis raisonnablement rabattu sur le Courchevel X-Trail 33 km avec pour seul objectif de me faire plaisir dans la montagne, la vraie !

Une avant-course quelque peu anxieuse …

Me voilà donc la veille de la course au Praz – Courchevel devant le tremplin olympique de saut ski. J’ai mon dossard en poche et je profite d’un rayon de soleil sur une chaise longue en regardant des skieurs se prendre pour des oiseaux. Vraiment impressionnant ! Franchement, j’ai peur pour eux.

Pour ma part, le grand saut sera pour demain. La météo est incertaine, ma préparation et mon genou aussi… J’ai donc aussi un peu peur pour moi. « Wait and see ! » comme on dit au pays du Whisky. Je retourne à ma tente au bord du torrent pour peaufiner les préparatifs et me reposer.

5h00. Le réveil sonne. La pluie tombe fermement sur la toile. Ça s’annonce humide ! Les coureurs du 54 km sont partis depuis une heure déjà. Ça ne doit pas être très drôle pour eux. Sorti du duvet, je note qu’il ne fait pas chaud non plus. Enfin bon, je me prépare en faisant abstraction de ces petits détails et me rend sur la ligne de départ. Je scrute sur les visages des autres concurrents et perçois la même anxiété qui m’habite – un mélange étrange d’appréhension de la souffrance et d’envie d’en découdre. Je m’auto-persuade : «  Aller, ça va être cool ! ». Au même moment, mon pote Flo me fait la surprise d’être là pour m’encourager. Ça fait plaisir !

 Départ un peu mou

Courchevel X Trail 33 km départ

 

Le départ est donné sous un ciel gris et bas. Après l’arche du départ, on oblique direct sur la droite pour attaquer droit dans la pente la côte du tremplin olympique. Une mise en jambe sèche de 120m de D+ qui met tout de suite dans l’ambiance et fait monter le cardio. Ensuite, on monte dans la forêt du Praz. Je me cale dans le rythme. La pluie a transformé le chemin en champ de boue. Ça me rappelle les cross de ma jeunesse. Le cœur est bien, les jambes et le genou répondent bien. Je suis content mais mon ventre est bizarre… j’ai l’impression qu’il y a quelques chose qui ne passe pas. Je me force tout de même à boire de l’eau. On sort de la forêt et on arrive assez rapidement au premier ravito où je retrouve Flo. Je lui donne mes premières impressions : « Bien mais pas top » et repars sans trop manger par crainte que mon estomac finisse par me gâcher la fête.

On est désormais dans les alpages. Le brouillard est dense. C’est un peu frustrant de savoir que de beaux paysages se cachent derrière. Du coup, je regarde mes pieds et progresse du mieux que je peux.

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Manger, c’est bien.

Ça monte toujours. Plus ou moins, mais ça monte. Le temps passe tranquillement, mais je sens que mes forces s’amenuisent. Depuis le premier ravito, je me fais doubler régulièrement ce qui entame quelque peu mon moral. Sur le moment, je ne comprends pas. Je ne me sens pas mort, mais ça ne veut pas ! J’essaie autant que possible de ne pas m’écouter et de continuer à avancer. Je finis par craquer au quinzième kilo après plus de 1000m de D+. Je m’arrête, pose mon sac et improvise un petit ravitaillement maison au milieu d’un pétard. Je me force alors à manger une barre de céréale au risque de la rendre illico ! Ça gargouille bizarre… Ça crampe un peu… Ce n’est pas génial mais ça a l’air de passer. Je retrouve rapidement du jus et repars. Juste 1 km derrière, j’arrive au deuxième ravito où je me refais une santé. Là, c’est comme une renaissance. Les sensations reviennent. Je n’ai pas mis longtemps à réaliser que j’étais en fait en hypo. « Ahhhlalala, le débutant ! L’idiot du village ! ». Enfin bref, j’arrive au col des Saulces ce qui signifie que le gros du D+ est derrière moi. Je sais que je n’ai pas été pas bon dans la montée. Je m’en veux un peu…

La renaissance !

La première descente se passe bien et je redouble de nouveau. Ça va bien, mais je me raisonne car je ne veux pas m’enflammer. Après celle-là, il ne restera pas moins de 1250m de D- à avaler. Donc bon « easy peasy ». Le plaisir et l’envie sont de retour. Les nuages commencent à se dissiper et laissent transparaître par intermittence les montagnes environnantes. Enfin ! Joie ! En bas, un joli pétard de 200-300m de D+ nous attend pour atteindre le col de la Grande Pierre. J’attaque la pente. C’est dur et j’ai le cœur qui tape. Je tire aussi fort que je peux sur les battons et passe comme je peux ce raidillon.

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En haut, c’est la cerise sur le gâteau. Les crêtes du Mont Charvet ! C’est magnifique, c’est étroit, ca serpente, c’est technique, c’est fun ! J’adore ! Je recommande ! Les éclaircies sont plus franches. « Que la montagne est belle ! » Ca me rebooste et j’aborde la dernière descente après le col de la Dent. On rentre de nouveau dans la forêt. Le chemin est gras et les racines sont glissantes. Ce qui rend ce petit single très piégeur surtout au niveau des épingles. J’aime bien ce genre de descente où il faut rester concentré, même si Je me suis rétamé comme il se doit – Pas de bobo, ça repart ! -. Sans trop en faire, j’ai repris quelques concurrents et atteint le dernier ravitaillement où Flo était présent. Les jambes sont toujours pas trop mal, mon ventre me fait toujours des siennes, mais j’essaie de le mettre sous le silence. « C’est qui le patron ?!! » Après ça, l’arrivée n’est plus très loin. On suit un joli petit lac et on empreinte des grands chemins qui vallonnent à flanc de montagne. Je me laisse porter jusqu’à retrouver les tremplins de saut à ski et donc l’arrivée ! Je passe la ligne dans un sentiment de contentement. J’aurais parcouru ces 33km et 2200m de D+ en 5h43.

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Bilan

Le bilan est mi-figue mi-raisin. Certes j’ai fini et c’était bien là l’objectif. Je suis heureux de voir que mes jambes et mon genou ont tenu le coup malgré une préparation en demie teinte. Par contre, j’ai l’impression que j’aurai pu faire mieux. Mon ventre a joué les troubles fête. J’ai au passage fait un détour par les toilettes après l’arrivée pour un petit vomi… Donc bon, une course bien mais pas top. Une course qui me donne envie d’en faire une autre, une qui se passera mieux !

 

15 comments

  1. Oulala y’a du langage technique trail par ici. J’ai mis un petit moment avant de comprendre ce que c’était qu’un pétard par exemple… Je reste toujours impressionnée par ce genre de courses. C’est vraiment autre chose que les courses sur route. Pour moi, c’est presque 2 sports différents. Bravo pour cette performance ! 33 km… avec du dénivelé… pppfff ! Bien joué ! Dommage que ton ventre ait gâché l’expérience (c’est un truc qui me fait bien peur, d’ailleurs, pour mon premier marathon). Petite question : Tu avais mangé quoi avant la course ? Tu ne pars pas à jeun sur un truc comme ça, quand même, si ?

    1. Hello, non non je ne pars pas à jeun, jamais ! Là j’avais mangé des biscuits « Ptit dej » aux céréales comme très souvent. Je ne sais pas pourquoi ça a bricolé cette fois ci. Peut etre un coup de froid… Et oui, désolé, pétard signifie une côte raide qui fait « Pan ! » C’est surement du jargon normand ! 🙂 A+

  2. Très belle perf!!! Surtout que le genou n’était pas sûr de tenir…
    Pour ma part, je ne suis pas certain d’avoir vraiment compris ce qu’est un petard cher bûcheron?
    Merci et encore bravo

    1. Merci. Alors comme je disais à Marjolaine, un pétard est une côte pas forcément longue mais raide ! Une côté qui fait « Pan ! », qui affole le cardio 🙂 !

  3. Félicitations pour cette course. Etant donné tes soucis au genou les mois précédent, c’est déjà une très belle perf’. Quels sont tes objectifs maintenant ? Un nouveau trail en ligne de mire ?

    1. Merci. Je pensais refaire un trail d’environ 30km en 2eme partie de saison. J’en avais pré-sélectionné quelques uns. Mais la vie est faite d’imprévu. Manue m’a embarqué à Athènes, donc bon… je me suis dis… autant être là-bas autant le faire ce petit marathon. Il faut que je m’inscrive d’ailleurs ! Je pense par contre continuer à me préparer en nature sans délaisser totalement le dénivelé ! 🙂 A+

  4. Firerasta tu me rassures je ne sais pas ce qu’est un pétard !!!
    Et bien c’est déjà plutôt pas mal que tu es pu faire les 33km sans que on genou fasse des siennes en tout cas. Donc toutes mes félicitations !!

  5. Je vais mettre fin au suspens alors ! Et Marjolaine a bien raison, il s’agit d’une montée très pentu et plutôt courte (sauf en montagne !). On peut le remplacer par « un coup de cul » également. C’est la côte que tu vois de loin et qui te dit que ça va faire mal !

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