J’ai testé ma VMA sur un demi-cooper

5 novembre 2013

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5 novembre 2013

Courir à l’aveugle : pourquoi, comment ?

5 novembre 2013
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love data 2Je suis une littéraire qui aime les chiffres. Le problème étant que les chiffres ne me le rendent pas. Peut-être suis-je une mathématicienne frustrée, comme une gauchère à qui on aurait obligé d’écrire de la main droite. D’ailleurs, je m’entends souvent très bien avec les gens cartésiens à tendance sciences dures.

Bon bon bon. Non, ne vous méprenez pas, vous n’êtes pas sur www.introspectionà10balles.com. Je vais bel et bien vous parler de course à pied. Plus précisément de notre rapport aux données chiffrées.

L’amour du chiffre

Accros aux applications mobiles et aux montres GPS, le nez sur nos courbes cardiaques et nos temps au kilomètre, nous sommes nombreux à aimer d’amour ces petits numéros mis les uns derrière les autres et qui nous dictent, imperturbables, la bonne façon de courir. La sentence tombe, « les chiffres ne mentent pas« , c’est bien connu (et FAUX d’ailleurs, mais ce n’est pas le sujet …). « T’es parti(e) trop vite, trop lentement, t’es pas assez régulièr(e), tu t’économises, tu te grilles« , etc. Alors on passe une ligne de départ l’œil rivé sur la montre. Il faut à tout prix maintenir cette allure qu’on s’est imposée pour atteindre l’objectif.

« T’as combien de VMA ? Tu fais combien au kilo ? Tu vises combien dimanche ?« 

J’imagine qu’il y a fort fort longtemps, à l’époque où le grand-père de Carole raflait tous les trophées, courir à une certaine allure n’avait que peu d’importance. Ce qui comptait, c’était le classement. Sauf qu’avec des pelotons de milliers voire de dizaine de milliers de participants, vous conviendrez que le classement … Bon. Imaginez : « Allez, mon objectif c’est d’arriver 7049 ème au Marathon de Paris« . Non, ça ne marche pas. C’est tout pourri comme objectif.

D’où la volonté, aujourd’hui, d’atteindre des chronos. Je suis la 1ère à être dans cette dynamique. Et heureusement que ces foutus chronos existent, parce que si on courait pour les podiums, on serait pas nombreux à user le bitume !

Sauf que. Parfois, peut-être (je m’interroge), on en fait un tout petit peu trop. La plupart d’entre nous est amateur. On court comme d’autres font du point de croix. Les chiffres nous aident certes à organiser nos entraînements, à nous donner des objectifs, à nous dépasser, à analyser nos échecs…

En revanche, on se demande rarement si les chiffres ne peuvent pas être à l’origine de certains de nos échecs. Nos échecs en terme de résultats … Mais aussi (surtout ?) en terme de sensations. D’ailleurs, les deux ne sont-ils pas liés ? Quand on a de bonnes sensations sur une course, vous noterez qu’on fait souvent un bon chrono. Quelque chose me dit qu’il y a un petit lien entre les deux, isn’t it ?

« C’est quoi ta FC Max/Min/de réserve ? Tu fais combien au marathon ? »

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Ouiiii, je sais, cette blague ne serait sans doute pas homologuée par un mathématicien.

I’ve got a feeling

Lors de mon dernier 10 km, j’ai décidé de dire merde aux chiffres, juste le temps de la course. J’ai été motivée par le compte-rendu du 10 km Paris-Centre de Marjolaine, par le souvenir de mes 20 km de Paris et par cet article de PAP. L’envie ? Celle de courir au feeling, d’être à l’écoute de mes sensations uniquement, de voir si mon propre corps sait aussi bien que les satellites ce que je peux donner. La crainte ? Etre terriblement déçue par le résultat, arriver à bout de souffle sur la ligne d’arrivée et voir tomber un chiffre (encore eux !) que je ne voulais pas voir. C’est pourquoi je n’ai pas choisi THE course objectif de l’année.

Bien entendu, je n’ai pas non plus fait une croix sur toute donnée chiffrée. J’ai bien prix ma montre GPS, je l’ai déclenchée sur la ligne de départ. Je voulais avoir mon temps réel et pouvoir analyser ma course après coup. On se refait pas.

Alors comment faire ?

  • Virer le partenaire virtuel s’il y en a un
  • Virer l’auto-lap (sinon, la montre notifie chaque kilomètre, c’est trop tentant de regarder)
  • Changer les écrans d’affichage et y mettre des informations bidons. Perso, j’ai choisi « heure du levé de soleil », « précision du GPS » et « altitude »
  • S’assurer que la course soit bien balisée. Histoire de savoir quand même où vous en êtes dans l’effort. Faut pas déconner non plus.

La montre est prête à enregistrer les données sans les restituer sur le moment. Cool.

Et alors, ça se passe comment ?

Ça se passe vachement bien. Pendant la course, il ne reste qu’une seule préoccupation à avoir : courir. Courir aussi bien et aussi vite que possible. On se concentre sur les sensations, sur le souffle, sur la foulée, sur la nana devant qu’on aimerait bien doubler. On fait au mieux. On se sent libre.

On ne part pas trop vite car on n’essaie pas de maintenir telle ou telle allure. On veut juste se sentir bien. Alors, pas si bien que ça sur un 10 km car c’est une distance exigeante point de vue cardiaque. Mais on sait qu’on peut tenir plusieurs kilomètres comme ça.

Au final, mes temps de passage à chaque kilomètre sont plutôt réguliers (sauf 2 ou 3) et je fais un chrono qui me satisfait en ayant eu de bonnes sensations (même si j’en ai bavé à la fin bien sûr, mais c’est ça le jeu, non ?).

Bien sûr, mon expérience est aussi personnelle que ponctuelle. Certains se crameront ou arriveront à la fin de leur course avec la sensation d’en avoir encore sous le pied. Ça m’arrivera sans doute aussi. Mais est-ce que la montre empêche ça ? J’en ai lu des CR de course. La montre n’évite pas les mauvaises gestions, elle se contente juste de vous le dire sur le moment « coucou, t’es en train de te foirer« .

Et puis, surtout, le message qu’on s’envoie à nous-même en gérant une course de cette façon, c’est « aie confiance en toi ». Et ça, franchement, ça vaut toutes les courbes d’allure du monde.

Alors vraiment, juste pour essayer, pour le fun, je vous encourage à tester la course à l’aveugle. Elle m’a permis de reprendre contact avec cette sensations de liberté. Celle qui nous fait courir malgré la pluie de novembre.

32 comments

    1. Hé bien, tu l’as déjà lu mais je te le conseille. De toute façon, on a rien à perdre (sauf si tu vises les primes ^^) ! Mais j’avoue, ça fait du bien de décrocher, même à l’entraînement. J’ai toujours une montre mais je fais de plus en plus de sorties où je ne la regarde quasiment pas… Tu raconteras si tu tentes sur une course j’espère 🙂

  1. c’est clair qu’on devient bien trop connecté et que revenir aux sources c’est parfois sain et salutaire pour notre cerveau… bref faut savoir lacher prise et ça aussi ça nécessite un entrainement 😉
    Bon quant au point de croix attention là aussi c’est du gros triturage de cerveau car tt est questions de chiffres si si je t’assure et là pas question d’y aller à l’aveugle au risque d’y perdre tes doigts …. enfin ça ou vomir à l’arrivée je ne sais ce qui est le pire :p

  2. Ma très chère Manue.
    Je me ferais plaisir de -presque- honorer ce conseil le WE prochain, histoire de marcher sur tes pas. Ce sera pas sans montre, mais ce sera feeling avant tout, on va aller lui botter les fesses à ce Antibes-Cannes 🙂 Mais le prochain 10 km sera probablement 100% feeling. Encore bravo pour ta perf’ qui ne doit rien à aucune montre ou aucun indicateur autres que ton ressenti.

    Belle analyse en tout cas de notre relations aux chiffres..

    Signé : un gars cartésien à tendance sciences dure.

    1. Je sens que t’as le bon état d’esprit pour dimanche là. Positif, mental de guerrier, YEAH ! Le petit diable de la course à pied est en toi.
      Et toi c’est encore mieux car tu es un cartésien à tendance sciences dures avec cette petite touche physique quantique qui me parle bien. Le top of the top ! Tu me donneras des cours un jour (non parce qu’à part l’histoire du chat, que je comprends déjà pas tout à fait, je suis pas trop sûre de bien savoir ce que c’est. Pourtant, j’ai lu la page Wikipédia) ?

  3. Je sors de mon tunnel et vais faire un petit tour rapide sur les blogs… FORCEMENT je ne pouvais pas ne pas lire ce post. Tu sais que je suis bien d’accord avec toi. Une chose est sûre (comme tu le dis en conclusion), moi, ma course à l’aveugle forcée m’a énormément aidé pour prendre confiance en moi et prendre conscience que j’étais capable de me pousser bien plus que ce que je pensais. Le semi-marathon qui a suivi en a été la preuve (je compte toujours en faire une recap un jour, si si). J’espère vraiment continuer dans cette dynamique.

    (message perso : Je ne t’ai pas oubliée hein ! J’espère que tu n’as pas fait une croix sur moi 😉 Cette semaine est la bonne !)

    1. Oui, j’ai vraiment été soufflée par ton expérience et elle a grandement contribué à ce que je me dise « moi aussi j’peux le faire ! ». C’est aussi l’intérêt de ce sport, on a une telle palette de nuances à expérimenter … Donc merci, tu m’as ouvert une nouvelle voie sans même t’en rendre compte !
      Sinon, ne t’inquiètes pas, je n’ai pas du tout fait de croix sur toi mais je ne voulais surtout pas te mettre la pression 😉 ! Prends le temps dont tu as besoin, tu as l’air d’être bien bookée en ce moment ! Et j’ai hâte de lire ton CR du semi d’ailleurs, mais je serai patiente ^^ !

  4. Merci pour cet article dans lequel je me retrouve complètement (ma Garmin a moi a des supers pouvoirs j’en suis certaine), je vais tester cette course à l’aveugle dès que l’occasion se présente. Et comme tu le dis si bien « avoir confiance en soi » !

    1. Ralala, que ferait-on sans ces petits jouets technologiques hein ?! Mais ouais, quand on commence à se connaître, c’est une expérience plutôt agréable que de se faire confiance et d’y aller au feeling ! Bonne chance à toi 🙂

  5. Uuuuh je me reconnais complètement là-dedans et me sens même un peu visée ^^
    J’ai toujours ma Garmin sur moi mais lors des courses, je ne calcule pas (encore) les temps de passage. Je n’ai pas beaucoup de courses à mon actif mais en général, j’ai un objectif pré-course (largement réalisable) et je l’affute au fur et à mesure de la course.
    Et lors des sorties longues, j’ai de plus en plus tendance à le faire plus aux sensations/au cardio qu’au pace. Je commence à savoir faire le lien telle sensation = tel range de FC donc c’est moins prise de tête… Mais ça n’empêche que j’analyse tout minutieusement a posteriori et que j’ai un peu trop tendance à vouloir me comparer ou savoir où je me situe par rapport au coureur lamba !

    1. Je te comprends tellement car je suis exactement comme ça aussi ! Je pense qu’être minutieuse et attentive sur les chiffres permet réellement de progresser parce que tu as un retour analytique sur ce que tu fais donc tu peux rectifier le tir si certaines choses ne fonctionnent pas.
      Mais comme tu as l’air de déjà l’expérimenter, plus on avance dans la pratique et plus on « sait », plus on reconnait à nos sensations l’allure/FC où on est. Donc autant en profiter pour se relâcher un peu et juste profiter du moment ! Disons que, comme beaucoup de choses, j’ai tendance à penser que c’est un équilibre à trouver ! Le bon ratio sensations/plaisir/ »performance » !

  6. Pour ma part, j’utilise une app sur mobile qui me donne les kms parcourus et la vitesse moyenne/km. Et comme j’écoute beaucoup de podcasts qui me font réfléchir, j’oublie d’écouter ce que me dit la Madame de l’app de Running.

    1. Mais c’est vrai c’est une bonne idée les podcast. Surtout pour les sorties longues. Tu cultives à la fois ton corps et ton âme, un espèce d’idéal, peut-être ?
      Tiens, grâce à toi, j’ai appris quelque chose sur l’adage « Mens sana in corpore sano » :
      « Ces cinq mots ont parfois été détournés de leur sens premier par la suite. En effet, la notion de « mens » en latin ne concerne pas la spiritualité mais concerne bien une santé mentale, l’intelligence. La notion de « sain » était différente à l’époque. Ce texte a été écrit pour répondre à une interrogation sur le rôle des dieux dans la guérison des maladies. Orandum est, ut sit mens sana in corpore sano (« il faut prier afin d’obtenir un esprit sain dans un corps sain ») est la citation complète. Signifiant alors que l’on ne pouvait séparer l’un et l’autre, ce qui était une révolution à l’époque. Maintenant, on l’utilise pour engager à cultiver aussi bien le moral que le physique, les études ou le travail que le sport. »
      Voilàvoilà.

  7. Et bien moi, c’est l’inverse! depuis que je cours, j’ai toujours fait au feeling! juste une montre avec mon temps, je cours tant que je me sens bien et après, j’encode mes données sur runkeeper…
    Et maintenant, j’envisage de m’acheter une montre GPS, parce que je me rends compte qu’il suffit de pas grand chose pour complètement bousiller mes sensations (un peu trop de vent surtout), et me griller complètement! Alors que j’ai l’impression de courir tranquillement… :-/

    1. Whaaaat ? Je ne t’avais PAS répondu ?! Mais je suis une malpolie infâme. Non, en fait, j’ai juste zappé, pardon !
      C’est sûr qu’après, tout le monde est différent. Peut-être que tu as besoin de données le temps de trouver un bon accord entre tes sensations et tes capacités ? Enfin, parfois, les sensations sont trompeuses, je peux en témoigner vu les allures auxquelles je commence mes fractionnés … Pour finir au bout du rouleau à la fin !

  8. Ma montre, elle donne juste le chrono aussi! Mais je n’ai pas pu m’empêcher de calculer l’allure à chaque kilomètre dimanche dernier.
    Cependant, je n’aimerai pas me « stresser », parce que je suis en retard pour une course. Alors le « t’es en train de te foirer » dicté par la montre sur une compet’, hors de question. Mais je rêve quand même d’une jolie montre qui me dise quand je m’entraine bien…

    1. Pour l’entraînement, très clairement, c’est un bon partenaire la montre GPS. Je crois que j’aurais pas envie de m’en passer. A vrai dire, même pour gérer ses courses, c’est pratique. Mais je crois que ça fait pas de mal de lâcher un peu parfois 🙂 !
      Tu n’as plus qu’à ajouter une petite montre sur ta liste de Noël !

  9. J’ai arrêté l’exploitation des chiffres quand je me suis rendu compte que ça me laissait moins de temps pour courir…
    Et maintenant la montre est en panne…
    La planète des outils magiques de la galopade est en deuil.
    Bienheureux ceux qui courent à la sensation !

    1. Ah bah comme quoi, c’est efficace vu tes résultats ! Bon, ça reste pratique pour ceux qui n’ont pas accès à une piste d’athlé quand même. Et j’avoue continuer à aimer mes petites données … Mais avec sans doute un peu plus de recul qu’il y a quelques temps …

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