Reine de la « montagne », vélo et frationnés

10 mai 2017

Course à pied, ego et féminisme

10 mai 2017
Beyonce Feminisme

Sur les quais de Rouen, y’a plein de gens qui courent. Les aguerris, les débutants, les groupes de copines, ceux qui ont juste eu un élan qui s’essoufflera vite, les footeux, les belles gosses, les gros durs, les vieux.

Et donc y’a des garçons. Parfois, je les double et j’en tire une petite satisfaction personnelle bien moisie, je vais pas vous dire le contraire.

Et parfois, alors que le dépassement fut somme toute plutôt aisé, qui entends-je revenir vers moi quelques minutes plus tard, le pas faussement alerte ? Le garçon en question, qui me redouble. Et à chaque fois, je me dis, peut-être à tort, « ce garçon doit avoir un problème avec sa virilité ». Ca m’amuse un peu et surtout, ça me donne encore PLUS envie de le redoubler, comme ça, l’air de rien.

Je sais pas si ça me fait vraiment accélérer parce que je suis un peu débilos mais pas non plus à ce point là. En vrai ça me fait juste rigoler et je passe à autre chose. Enfin … Peut-être qu’inconsciemment, je maintiens une petite allure, je sais pas. Ce qui est sûr, c’est que quand je redouble le gars qui finalement, en chie un peu (le dernier en date s’est mis à marcher … Pas longtemps mais suffisamment pour que la carnassière que je suis attaque), je peux vous dire que je garde bien l’allure pour ne surtout pas qu’il revienne à la charge. Et je suis contente. Et je suis satisfaite de moi-même. C’est ma petite victoire personnelle sur le sexisme sportif.

LOL

C’est complètement abruti hein ? Si ça se trouve j’hallucine total et le gars a juste eu envie d’accélérer à ce moment là. Et puis surtout, je ne fais que rentrer dans ce petit jeu de pouvoir tout naze et stérile. Je joue à qui à la plus grosse, comme eux. Et c’est pas comme ça que je conçois le féminisme, je vous assure. Je veux l’égalité, pas la supériorité. Comme quoi, c’est aussi sur nos propres comportements qu’on doit porter une attention particulière pour faire avancer le débat et les mentalités.

C’est comme la fois où je me suis entendu répondre à un gars qui se disait étonné que tant de filles courent : « bah ouais, c’est la mode ». NON MAIS OH, MANUE, TU T’ENTENDS ?! Allez bim, les meufs ne courent que parce que c’est cool, bande de greluches sans cervelle et superficielles. Et toi t’es quoi ? Supérieure aux autres filles parce que toi t’es « une vraie » (re-LOL) et que tu sais pas assortir ton t-shirt avec tes chaussettes ?

C’est incroyable comme c’est ancré loin loin loin tout ça. Je me console en pensant que c’est déjà bien de le réaliser et de l’admettre. Mea Culpa. Et les filles et les gars, si vous avez 5 minutes, pensez-y de votre côté, non ?

Parce qu’au final, je sais pas qui a le plus de problème d’ego dans l’histoire.

5 comments

  1. Oh comme je suis contente que tu aies commis un nouveau post, depuis le temps que je guette avidement. Bref. Sujet très pertinent qui plus est. Si tu hallucines sur ces mini battles improvisées de runners, alors nous sommes deux : j’ai exactement le même genre d’expériences que toi ! Et ce sentiment de satisfaction pas très avouable quand finalement, tu rattrapes le mec qui a mis un point d’honneur à te redoubler, complètement cramé…:-D

  2. Ah mais non mais non, petite satisfaction personnelle pas du tout moisie !
    (je fais pareil)
    (mais j’ai la même quand je double des grandes-blondes-minces-95C)

  3. Ahah je confirme, petite satisfaction personnelle que j’ai déjà ressentie !! Notamment sur les quais de Rouen d’ailleurs quand j’y faisais encore mes études… que veux tu je crois que les problèmes d’ego ne sont pas prêts de s’arrêter !!

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