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J’ai presque fait une course de vélo

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La conquerante rando velo bois guillaume

Presque. C’était pas une course mais une rando. Ni classement, ni chrono, ni dossard. Mais un parcours super bien balisé, des bénévoles pour sécuriser les croisements un peu touchy et des camarades de pédale. Ca valait bien 6€, surtout qu’une partie était reversée à une asso et qu’on m’a offert mon 1er lot de vélo : un bidon sobre et blanc. Bref, c’était « La Guillaume », le parcours de 51K de « La Conquérante » (si toutefois vous n’aviez pas compris qu’on est en Normandie).

Le moment ridicule : le départ

On part avec Anto, sous un soleil rayonnant et dans un froid assez mordant. Il y a du vent, ce qui est encore plus détestable à vélo qu’en courant. Mais on est hyper contents. On nous file une carte, il faut suivre les flèches blanches. C’est une rando, il n’y a donc pas à proprement parler de « départ » groupé, on peut partir de 8h30 à 11h30. Mais il y a quand même une arche donc on monte sur nos vélos pour se placer et effectuer strictement le parcours prévu. 

Quand soudain, la honte. Mon pied droit est détaché des pédales auto (prudente !), le gauche attaché. Et là, je sens mon vélo qui part doucement mais inexorablement vers … j’te l’donne en mille … LA GAUCHE. Et comme ça fait genre 3 semaines que je suis pas montée sur mon Bianchi, j’ai pas eu le bon réflexe et BAM ! La chute RI-DI-CULE à l’arrêt, genre grosse noob du vélo, pile sur la ligne de départ. J’applaudis, Emmanuelle !

Le moment trop cool : 30K bucoliques

Bref, remise de mes émotions et le genou ensanglanté, je pars avec Anto. On n’est que tous les deux. Le parcours quitte rapidement Bois-Guillaume, une petite ville de banlieue rouennaise (on y court aussi un semi-marathon … ou un 10,5K), pour la campagne normande. Des champs, des forêts, la petite vallée où galope le Cailly, des villages de carte postale, un lac planté au milieu de tout ça : c’est tellement chouette qu’on s’arrête pour faire une photo.

Ca passe vite et on commence à croiser quelques vélos.

– Vélos droit devant !

  – On les fume !

On s’est bien trouvés tous les deux.

Ca nous amuse encore quelques kilomètres, jusqu’au ravito. Puisqu’à vélo, on peut trimballer pas mal de trucs, je ne pensais même pas qu’il y en avait un. Je prends un abricot sec histoire de dire. Il y a un petit groupe de pépésmémés jovials qui repartent tout juste. On prend rapidement leur roue puis on les double “oh bah vous avez déjà fini votre casse-croûte ? Nous on y a passé ¼ d’heure, on avait installé notre nappe !”. Bref, l’ambiance est détendue.

Le moment sportif : pédaler en groupe

Rapidement, on se fait doubler par 2, 5, 6 … puis au moins 10 gars ! Les vélos sont un peu plus récents et les maillots sont aux couleurs des clubs locaux. Je panique un peu “Anto, je sais pas rouler en groupe, il faut faire quoi ?”. Il me donne des conseils : “tu tiens ta ligne et tu gardes les mains sur les freins”. En fait, on devrait juste se faire doubler. Mais sans même se parler, on décide tous les deux d’essayer de les accrocher. Il reste quoi ? 15K.

accordeon

Dès que le groupe se détache un peu de moi (10 mètres suffisent), je galère et pédale comme une dératée pour les recoller. Et puis, comme par magie, dès que je prends la roue d’un petit camarade, ça devient quasi facile. C’est comme un accordéon : tout d’un coup ça accélère, tu pédales fort, puis ça ralentit et tu te retrouves à freiner. Mais il ne faut surtout, surtout, pas se laisser distancer.

Je m’amuse au milieu de tous ces gars, même si je me demande un peu ce que je fous là. J’adore, il faut être à la fois attentive aux autres et concentrée dans l’effort. La communication dans le peloton (“peloton”, c’est un bien grand mot, on était peut-être une vingtaine de vélos) se fait de l’avant vers l’arrière : dès qu’un obstacle apparaît, le 1er l’indique et il faut répéter, même si t’es pas sûr d’avoir quelqu’un derrière toi. Un geste de la main pour montrer qu’il a un vélo à doubler sur la droite ? Tu fais pareil ! On tourne à gauche, tu répètes “à gauche !”. Comme les autres. Ambiance mouton. Le groupe, c’est finalement une seule entité, tout le monde doit marcher ensemble.   

On traverse un petit village en plein marché, il faut poser le pied à terre et se faufiler parmis les badauds. Et puis, une grande descente dans la forêt. Je flippe un peu. Ca va vite, la route n’est pas très lisse, mes lunettes de soleil à 5€ ne sont pas hyper efficaces dans ce passage ombragé, il y a des virages et pleins de vélos autour de moi. Je freine un peu, j’ai assez de chutes pour aujourd’hui. (Strava nous dira qu’on a quand même fait ça à presque 50 km/h).  

 Le moment « où est mon poumon ? » : la côte finale

On approche de la fin et il y a une belle côte pour finir en beauté. Le groupe s’effrite rapidement. Je m’accroche comme je peux mais c’est là où les habitués font la différence (je précise que ce groupe était sur le parcours de 80K, ils avaient donc 30K de plus que nous dans les jambes, hein.). Je parviens tout de même à devancer un petit pépé et donne pas mal de souffle et de jambes pour terminer sans rien lâcher.

Encore quelques coups de pédales et voilà, c’est terminé ! 1h57, pauses comprises. Une petite crèpe offerte par l’organisation pour se remettre de nos émotions et voilà, j’ai fait ma première rando vélo. Et j’ai adoré 🙂

25 comments

  1. Super ! Bravo à tous les deux 🙂 Ca donne envie ! (ça m’a rendu nostalgique… bientôt, bientôt, moi aussi je retrouverai un vélo !)
    Je compatis pour le moment de solitude, au départ… on a tous connu ça à un moment ou à un autre. Ta description m’a fait doucement sourire… on sent le vélo qui dooouuuccement part vers le mauvais côté, on sait qu’on ne va pas avoir le temps de décrocher… comme au ralenti.

    1. Ahah tu es en train de te trouver un nouveau vélo ? Y’a de bons endroits dans ton nouveau coin ?
      Je manque de temps pour faire du vélo mais je compte bien m’en dégager rapidement. C’est surtout que c’est une activité que j’ai envie de partager, pas rigolo de rouler toute seule. En tout cas cette petite expérience en peloton, j’ai adoré !! J’espère que tu vas bien sinon, ça fait un bail qu’on n’a pas discuté !

      1. Nouveau vélo, disons plutôt UN vélo car, finalement, je n’ai jamais eu un road bike à moi. Il me tarde !! Il a été choisi (déjà, là, EXPLOIT) et commandé. Reste plus qu’à attendre 3-4 semaines 🙂
        Bon, ben, après la rencontre running ratée, on va se prévoir un WE vélo et, EN PLUS, on pourra plus facilement discuter qu’en courant. PAR-FAIT 😉

  2. RIP Manue la Coureuse. C’est fini. Elle nous quitte pour de bon. Elle va aller faire son marathon pour dire que, puis elle ferme boutique. La bitumeuse qui ne voulait pas en démordre va aller se faufiler dans les pelotons et s’envoyer des kms !

    1. Mais oui, mais oui, j’te dirais bien que tu ne crois pas si bien dire mais tu sais déjà alors bon. Cette phrase est incompréhensible mais c’est volontaire huhu. Vive le vélo, la guidoline, le dérailleur, le camboui, les freins qui lâchent, les pneus qui crèvent, yihaaa !

  3. haaaa toute ma jeunesse ça, le dimanche matin, club de cyclisme, avec les anciens, le peloton, ses codes, ses habitudes, savoir évoluer dans un peloton demande un peu d’habitude, mais ensuite c’est du bonheur !
    j’ai beaucoup de super souvenirs avec les anciens, c’étaient des vrais titi parisiens, des Audiars sur cycles, des roublards qui te faisait rouler devant des que le vent soufflait, mais des grands monsieurs, moi gamin je me serai jamais permis de les « fusiller » dans les cotes en début de sortie, on attendait toujours la permission à 10, 15 km de l’arrivée !
    Prends du plaisir à vélo, ça va te faire progresser en course à pied !

    1. Tu ne roules plus du tout, du coup ?
      Je sais pas si j’adhérerai à « l’esprit » vélo mais ça me tente. C’est surtout l’idée d’aller vite et loin qui me plaît. J’aimerais bien rejoindre un club rien que pour aller faire des balades accompagnées mais je t’avoue que la moyenne d’âge me fait un peu peur. Sur les sites web, ça fait un peu club de retraités ^^ !

    1. Ouais déjà qu’en course elle avait pas souvent l’esprit de compétition (même si pour battre une autre fille qu’elle peut pas saquer, elle est prête à tout !), alors en vélo, ça va être encore plus le monde des bisounours ! Pffff on est mal !

    2. Là on a passé 80% de la course à deux avec Anto alors l’ambiance était plutôt cool mais c’était pas trop étonnant ^^ ! En revanche, dans le peloton à la fin, ça rigolait pas beaucoup … Les gens étaient concentrés (vaut mieux, si tu veux éviter la chute générale !).

    1. Oui c’était top top top ! On n’entend pas beaucoup parler des randos de vélo … mais c’est en train d’arriver, je le sens. Avec les run & bike déjà, ça commence à pousser.

    1. Oh sérieusement, non … Je ne m’y mets pas sérieusement moi ! J’ai juste l’envie de pouvoir faire de grosses sorties et de profiter de ce bel engin qui permet d’enfiler beaucoup de kilomètres 🙂
      Tu t’y essaies quand ? 😉

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