Le Groupe, Puissant Levier de Marketing Sportif

23 février 2015

Burn out de course à pied

23 février 2015

J’ai testé pour vous : la session running groupée et marketée

23 février 2015

Alors qu’il m’arrive d’avoir un regard critique sur les techniques marketing des marques qui utilisent les mécanismes du groupe, je n’avais finalement jamais eu l’occasion de vivre ça de l’intérieur. Heureusement, Red Bull a eu la bonne idée d’organiser son Wings For Life World Run 2015 à Rouen et j’avoue être assez enthousiasmée par le concept de la course. Comme tout bon mastodonte et pour promouvoir son événement, Wings For Life offre des sessions d’entraînement à qui le veut. Il y en a à Paris (sans blague ?), Rouen et Caen (plus d’info). J’ai donc sauté sur cette occasion pour découvrir IRL ce petit monde que je ne connais qu’au travers des blogs et des réseaux sociaux. J’ai pas été déçue. Immersion.

Au début, je n’avais pas vraiment d’a priori. Je me suis juste dit « cool, c’est l’occasion de courir avec d’autres gens ». Ça a commencé à se gâter quand j’ai vu que le point de rendez-vous était un bar branchouille très « champagne-lounge-cocktail ». Bref, pas forcément l’idée que je me faisais d’un QG de coureurs. Mais, passons.

Voilà l'ambiance.

Voilà l’ambiance.

J’arrive toute de noire vêtue, mes Saucony un peu crades aux pieds parce qu’Anto m’avait emmenée patauger le mardi précédent.

Premier contact, un « bonsoir » lancé à la cantonade. Pas de réponse franchement enthousiasmée. Une blonde parfaitement coiffée me dévisage de la tête aux pieds, genre, validage de look (pas sûre d’avoir passé le test). Après ça, elle m’indique qu’il faut aller remplir une décharge au premier étage du bar. A l’intérieur, une horde de gens jeunes, beaux et bien habillés. Style « j’ai l’air d’être fringué n’importe comment mais tout ça est en fait très étudié ».

Bref, je signe mon papier sans le lire. Il doit décharger l’organisation en cas d’accident et donner mon accord pour être prise en photo. Evidemment, ce type d’événement est aussi l’occasion de se payer une photothèque pour pas trop cher. On me file un buff aux couleurs de la course.

On se rassemble ensuite autour des coachs du jour. Ils nous expliquent l’histoire et le concept du Wings For Life World Run puis nous disent ce qu’on va faire ce soir. Un footing de 5 à 7 km avec 3 arrêts pour faire du training (en gros : des gammes, puis des squats et des fractionnés). Départ en petites foulées, on est une bonne cinquantaine, « c’est pas la compét‘ » répète le coach.

Wings for life world run rouen 2015 (2)

On court dans Rouen, sur les trottoirs. Pas hyper pratique. Le gros du groupe est composé d’étudiants, moyenne d’âge 22 ans, pas forcément des coureurs. Ils ont tous leurs sweats à l’effigie de leur école. Je me mets dans le rythme, c’est plutôt tranquilou. Je repère rapidement une fille à la foulée manifestement efficace et esthétique (autant que la fille elle-même). Elle a une tête et un look d’égérie Nike et court en plein milieu de la route pour rattraper la tête de peloton.

En représentation

Premier arrêt : les gammes. Le photographe est déjà sur place et nous mitraille. On fait des ronds autour d’un carré de pelouse, je me sens un peu comme un éléphant sur la piste aux étoiles. Il faut faire « youhou avec les bras » pour montrer qu’on est trop contents d’être là et être pris en photo. Je m’abstiens, pas hyper à l’aise.

On repart sur un boulevard très passant, direction le Kindarena (oui, notre palais des sports est sponsorisé par … J’vous l’donne en mille … Kinder !). Hop hop, petits exercices. Le coach crie « CA VA TOUJOURS ? ». On répond « OUAIIIIS ». Puis dernier départ vers les quais avec les jambes un peu engourdies par les séries de fentes. A défaut de me sentir « cool », j’essaie de me sentir « forte » et cours à l’avant. Photo de groupe style « ouais on fait trop les foufous » et puis c’est l’heure des fractionnés.

Du souffle

Des fractionnés, ça fait DES MOIS que j’en ai pas fait. Ça ne va pas me faire de mal de m’y remettre. 8 fois 30/30 « seulement » au programme, l’avenir nous dira que ça me suffira amplement. Aucune idée de l’allure à laquelle je cours, j’ai oublié ma montre. Ça ne doit pas être bien rapide. L’égérie Nike me passe rapidement devant, elle a l’air d’avoir un bon niveau, je n’essaie même pas de lutter. J’avais oublié que ça faisait mal comme ça et me promet de m’y remettre.

Après ce bon petit décrassage, on rentre au bercail. Séance rapide d’étirements et direction l’étage du bar pour retirer la « collation » : une canette de Red Bull évidemment ! Je ne m’attarde pas et quitte ce petit univers.

Bilan

Pour la première fois de ma vie, je ne me suis pas sentie à ma place dans un événement lié à la course à pied. Même s’il n’y a rien à dire sur l’organisation, sur l’engagement des coachs et sur l’entraînement en lui-même, j’ai trouvé ça assez peu convivial. Trop de monde peut-être ? Je me suis sentie en représentation, l’impression de n’être qu’un tout petit maillon d’une grosse chaîne avec laquelle je n’avais pas grand chose en commun. Bref, question ambiance, j’ai été plutôt déçue. J’ai même pensé à quitter le groupe un instant !

Ceci dit et pour finir sur une note positive, ça m’a permis de faire des fractionnés et c’est plutôt une bonne chose ! L’entraînement en lui-même me semble bien dimensionné pour un premier contact avec la course à pied. On est plus sur de la remise en forme que de l’entraînement pour la course en elle-même (plutôt tournée vers l’endurance tout de même), mais ça permet au plus grand nombre de suivre. Bon, il faut quand même être capable de courir 5 km sans difficulté.

Je ne sais pas encore si je m’aventurerai sur les prochaines sessions… Peut-être en traînant quelqu’un avec moi ?

27 comments

  1. Ce petit résumé m’a bien fait rire !
    Et nul besoin de lire la conclusion pour voir ,rien que dans le contenu du récit , que c’était plutôt la soirée « WTF, What Am I Doing here ? »
    Certains aime le principe, d’autre pas … perso ça me branche pas non plus vraiment.
    Mais bon maintenant tu peux franchement en parler pour l’avoir fait, mais c’est clair qu’il faut y aller avec un esprit « dans le délire » et pas du tout runnesque.

    See Ya !

    1. Ouiii et puis une séance ne fait pas l’autre j’imagine ! Mais ça m’a quand même un peu attristée de pas me sentir à ma place alors que merde, la course à pied, c’est mon truc normalement ^^ ! Help me, je suis une inadaptée sociale ^^ !

  2. L’éléphant sur la piste aux étoiles : j’adore !
    Je crois que j’aurais eu du mal moi aussi, vu l’ambiance que tu décris. Mais chapeau pour avoir osé tester, c’est drôlement courageux !

    1. Ahah je crois que c’est beaucoup dû à la taille du groupe aussi : je suis pas du style très à l’aise dans les grands groupes … Enfin, c’est une expérience hein 🙂

  3. Je n’avais pas franchement envie de tester ce genre de truc… tu me le confirmes. 50 coureurs pour une session? C’est énorme, comme lier des liens humains avec ça?

    1. Je sais pas, y’en a peut-être qui y arrivent mais c’est pas du tout mon cas ! Bon après, comme je dis plus haut, une session ne fait pas l’autre j’imagine.

  4. Ca fait trop trop trop envie. Ça me rappelle l’échauffement Nike pour la Vertigo. Toutes les petites nanas habillés en Nike branchouille, je participais pas, mais le spectacle ne donnait pas du tout envie. Et un photographe pour une session d’entrainement, prendre des poses… Ça a l’air hyper spontané tout ça 🙂

    1. Ouais ça ne l’est pas franchement. Mais en contre-partie, c’est plutôt très bien organisé. Nous sommes des sauvages Captain, c’est tout … !

  5. Fuyant ce type d’évènement, ton récit me conforte dans l’idée de ne jamais y participer, mais c’est assez drôle du coup de lire ton aventure…
    Ce type d’évènement est fleurissant sur Paris, le dernier en date étant la Boost Battle Run, avec des logos pour chaque quartier de Paris, création d’identité et un max de pub et d’articles pour cette fabuleuse et dantesque course de………6 km !!!!
    Perso je passe mon tour…..

    1. Oui oui tous ces événements fleurissent … Comme primevère au printemps (c’était ma minute poétique). Comme toi, je ne m’y sens pas tout à fait à l’aise, en tout cas pas celui que j’ai testé. Disons que c’est une approche différente de la course à pied, assez différent de ce que je connais 🙂

  6. Certaines personnes adhèrent plus que d’autres, mais dans l’idée personne n’est dupe, c’est forcément du donnant/donnant, les marques de sport ne sont pas des ONG 😉 Tu participes gratuitement à une sortie et l’organisation qui va avec, en contrepartie tu dois donner un peu de ta personne (sourire sur les photos et partager partager partager!). J’y suis allée un peu au début de ma pratique de la cap, c’était une façon de me motiver, de courir le soir parce que ds ma banlieue je n’avais pas envie de courir seule la nuit, et puis j’y ai rencontré des gens très sympa. Mais moi non plus je n’étais pas super à l’aise au moment de crier le nom de la marque dans les rues de Paris! Mais c’est le jeu ma pauv’ Lucette, la bonne nouvelle c’est qu’on est pas obligé de participer 🙂

    1. Evidemment c’est donnant/donnant. Après, le fait de participer gratuitement à une sortie, bon, c’est pas non plus un avantage extraordinaire. Tu en trouves à la pelle des sorties communes via les assos, les sites style jogg.in, les réseaux sociaux. Bon, y’a pas de buff cadeau tu vas me dire. A vrai dire, je ne porte aucun jugement sur les gens qui y participent (je l’ai fait moi même, je le referai certainement), j’essaie juste de comprendre cette nouvelle approche de la CAP et pourquoi ça fédère tellement de monde, parce qu’on va devoir faire avec, ça a l’air d’être une tendance de fond.

      1. Pour faire simple d’après ce que j’ai compris :

        Groupe de 5 runners
        Challenge pendant 4 mois; Du genre faire 1k le plus rapidement possible, team qui doit courir 20k cette semaine…
        les 50 meilleurs team vont en finale dans la montagne tt frais payé

  7. Ah, MERCI d’avoir testé ça pour nous ! Je m’inclus bien volontiers dans le lot car, moi non plus, j’ai jamais tenté ce genre de choses. Disons que, justement, je crains le côté branchouille et « validation obligatoire par le look/physique » de ces événements. Mais, parfois, j’enviais les personnes qui avaient l’air trop à l’aise de participer ou les égéries. Finalement, tu me confirmes que c’est bien ce que je pensais. Et donc : ça n’est pas pour moi. Mais bon… sait-on jamais… peut-être que tous ne sont pas pareils…

    Et sinon, rien qu’en te lisant, la fille trop forte là, elle m’énerve… 😉

    1. Tu te souviens le truc du « c’est comme si la fille la plus belle de la classe gagnait le cross du collège » ? Ben PAREIL, exactement cette sensation ! Avoir l’impression de ne pas être à sa place dans un événement lié à son sport favoris, ça fait un peu c****. Fucking fashion …

      1. Oui, je me souviens TRES BIEN qu’on en avait parlé. Surtout que, dans mon collège, c’était justement la fille la plus belle (et super gentille avec ça) qui le gagnait, le fameux cross… et moi (rondelette, et bouc émissaire de mes chers camarades… quelle belle époque !), j’étais juste derrière. C’est pour ça que je fais un complexe, je pense 😉
        M’enfin, pour le running, ça me saoule grandement que la hypitude/fashion/tendance/toutletralala viennent s’en mêler. Je ne cours pas depuis aussi longtemps que toi, mais, quand je m’y suis mise, en France, c’était « ringard ». Maintenant, on devrait presque s’excuser de ne pas suivre Nike/Adidas/Lorna Jane ou de ne pas être un top model dès qu’on met les pieds dans nos baskets. Ca y est, je me suis auto-énervée 😉

  8. Coucou Emmanuelle,

    Ahah ça m’a bien fait rigoler. J’ai bien imaginé la scène. J’avais déjà cru comprendre que tu portais un oeil critique sur le marketing des marques de sport autour de l’effet de groupe et autour de la femme. Mais alors là je pense que tu as mal choisi ton test … RedBull qui se met au sport, ce n’est tout simplement pas cohérent, alors le résultat ne m’étonne pas… Si tu viens sur Paris un de ces 4, je te conseille de faire les runs gratuits de nike pour te faire une idée plus réelle, à moins que tu sois vaccinées à vie 😉 Biz Alicia (d’Aberdeen)

    1. Héhé ! A vrai dire, je ne suis pas allée courir avec eux dans l’optique de « tester » ni de critiquer la pratique. C’était organisé à Rouen, bim, j’ai sauté sur l’occasion. Je ne suis pas tout à fait d’accord sur le fait que Red Bull soit incohérent … Ils sont positionnés sur le sport depuis un bout de temps, même si, c’est vrai, ils nous ont plutôt habitués au sports extrêmes.
      Ceci dit, ce que je rapporte ici est vraiment une expérience individuelle. Je suis persuadée que la majorité des participants ont trouvé ça très chouette ! C’est juste pas mon truc. J’essaie juste de faire vivre la petite voix des gens qui ne se reconnaissent pas dans les regroupements … Parce qu’il y en a et que ce ne sont pas les plus bavards 🙂

  9. Je serais bien venue juste pour tester, mais je ne suis pas à l’aise dans la notion de « groupe » comme défini justement… mes tests de personnalité au boulot me définissent comme une introvertie… 🙂 La foule me fatigue 😀

    1. Pareil ! Enfin, j’aime bien les petits groupes, ceux dans lesquels un vrai échange est possible. D’ailleurs, je cours souvent à Rouen avec des gens, le mardi soir à 19h30. C’est très intimiste, si ça te dit, un jour 🙂

  10. Tu adorerais aller danser les Sardines avec les 123146 membres du Runcrew lillois. Quand j’y allais, c’était un plus petit comité, ça n’appartenait pas à Nike et les bénévoles n’étaient pas encore gangrenés par quelques petits cons bourgeois devenus avides de profiter de jeunes venus chercher une meuf, un mec, ou, au mieux, un petit moment de rigolade vite ennuyeux finalement, pour croquer du matos contre un investissement qui n’est de toute façon pas cher payé.

    C’est d’ailleurs eux, les premiers exploités de ce buzz, qui m’ont le plus fait fuir que la marque elle-même, sa carte de remise de 10% wahou!!, ses apéros dînatoires avec vente privées, et autres events auxquels je n’ai jamais participé.
    Cela dit, je ne suis pas bien placé pour parler vu que j’y allais en toute amitié pour quelques personnes et pas pour des plans cul (je suis un bon père de famille quand même hein et j’ai pas 20 piges) puisque c’est le cas de nombreux participants d’après ce qu’on m’a très souvent dit ou raconté (autre raison qui m’a fait fuir, j’avais pas envie de me faire attraper, même si y’avait peur de risques).

    Je ris parce que tu parles des moments où on vous a fait crier (se faire remarquer et endoctriner ^^). Ces moments-là, ils me faisaient marrer parce que j’ai une oreille un peu faible et du coup je comprenais pas les cris de guerre 😉

    Enfin, je vais pas dire que je n’y ai pas passé quelques rares bons moments surtout que j’y ai connu des gens sympas débutants qui avaient envie d’émulation pour se perfectionner et que je vois toujours en dehors. Mais comme dans tout groupe, je me suis toujours considéré comme un électron libre qui peut faire ses valises du jour au lendemain sans scrupule. Par exemple avec TomTom, j’ai fait le semi de Paris avec eux et quand c’était trop le cirque je me suis cassé dans mon sas sans prévenir.

    Après, pour ce qui est de ton expérience, même si on retrouve des points communs, ça reste un event en particulier, ce qui atténue un peu selon moi le côté gênant du cirque organisé.
    Tu devrais tester sur la durée avec un groupe constitué à l’année, hors event. Tu verrais que c’est encore plus grave. Je pense. Mais ne te sens pas obligée 😉

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