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Le marathon, un an après

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Il y a un an, je courais mon premier marathon à Caen, aux Courants de la Liberté. On dit souvent que courir un marathon te change. J’ai donc regardé dans le rétroviseur en me posant la question : est-ce que 42,195 km m’ont changée ? Qu’est-ce que cette course m’a apporté ?

Evidemment, si on s’attend à une métamorphose, on risque d’être déçu. Je ne suis pas devenue du jour au lendemain une fille différente. Mais, imperceptiblement, je crois que des lignes ont bougé et que cette course n’y est pas pour rien.

Moins angoissée, plus sereine

La mue a commencé dès le coup de pistolet. La sérénité avec laquelle je me suis élancée sur cette course était tout à fait inédite.

Aujourd’hui encore, je suis plus confiante en l’avenir car j’ai pris conscience que NOUS sommes chacun responsables et acteurs de nos propres vies. Réaliser qu’on peut courir 42 kilomètres (ou plus ?) si on s’en donne les moyens, c’est comprendre qu’on peut faire bien plus que ce qu’on imagine si on s’investit.

Plus persévérante

Mon rapport à l’effort est différent. J’aime de plus en plus l’idée d’accomplissement dans l’effort. J’ai compris que les choses difficiles à obtenir sont source d’une satisfaction bien plus grande, authentique et profonde. Mon trek dans les Highlands dont je reviens tout juste en est une nouvelle démonstration (je vous raconte bientôt, même si c’est pas de la course à pied … Hiking sucks 😉 ).

En découle un rapport à l’échec de plus en plus apaisé, même si j’ai encore des choses à régler de ce côté-là.

Je reste très fière d’être marathonienne. Peu importe mon chrono, j’adore toujours autant raconter ma course et me rappeler toutes les émotions différentes que j’ai traversées en 4 heures (oui bon, 4h20, je sais). Passer d’une déchéance totale à une joie immense en quelques dizaines de minutes, c’est se prendre un shoot de vie concentrée. C’est l’illustration parfaite des paroles de notre sage national :

1400429-routourne


Evidemment, tout ça n’est pas dû uniquement au marathon. C’est aussi parce que je grandis, tout simplement. Mais le marathon fait partie de ce qui me définit et m’aide à grandir d’une façon qui me semble plutôt saine et équilibrée.

Alors je sais, pour beaucoup, un marathon n’est qu’une bête course parmi tant d’autres. Pour les ultra-traileurs, ce n’est qu’un échauffement. Mais pour moi, cette course garde une symbolique particulière et j’encourage tous ceux qui en ont envie à se lancer. On a tout à y gagner.

 

PS : Merci BEAUCOUP pour l’accueil que vous avez fait au Bûcheron sur le blog ! Il a lu tous vos commentaires et est super content ! (Enfin, c’est ce que j’ai compris, parce que c’est pas un gars SUPER expansif HEIN). Je sais pas s’il aura la même « politique » que moi, à savoir, répondre à tous les commentaires, je le laisse gérer ça, ne lui en voulez pas s’il ne sait pas quoi répondre hein, il est moins bavard que moi :mrgreen:  

 

24 comments

  1. « Passer d’une déchéance totale à une joie immense en quelques dizaines de minutes, c’est se prendre un shoot de vie concentrée. » Et dire que chez moi ce genre de truc arrive chaque jour, sans même que j’aie besoin de courir. Mais qu’est-ce que ça donnerait si je m’attaquais au marathon ?! ^^

    Je suis contente de ces changements positifs pour toi. Parce que finalement, on dirait que courir un marathon n’apporte que des choses positives non ?
    🙂

    1. J’imagine ! Soit ça te fera un effet puissance 10 et BIM les émotions de fou, soit peut-être ça te fera rien, tu diras « ouais, sans plus quoi, j’ai l’habitude ^^ ». Tu nous diras ! Sinon oui, pour ma part, ça n’a été que du positif, clairement. Que ce soit avant, pendant ou après, je n’en ai tiré que des bonnes choses…

    1. Hmmm non pas vraiment peur ! Mais je ressens pas du tout le « besoin » d’en recourir un pour le moment. Certains grands événements me donnent envie de m’y re-frotter mais ça passe vite. J’imagine que ce sera moins « émotionnant » … Alors je préfère pour le moment garder intacte ce petit truc magique :). Pour le moment, je me fiche un peu de l’aspect performance sur cette course … Même si j’espère passer sous les 4H la prochaine fois !

  2. Ah ben, j’sais pas pourquoi, mais j’suis particulièrement intéressée par cet article 😉 Je pense qu’avec un marathon, on se frotte vraiment à nos limites (bon, comme tu dis, tout est relatif car pour certains un marathon c’est du pipi de chat). Mais bon, un semi-marathon, tout le monde peut en courir un sans trop trop de préparation. Un marathon… je pense pas. Ca demande de l’investissement personnel, déjà dans la préparation. Alors, forcément, on en apprend quelque chose. On vient chercher ça aussi. C’est pas pour rien qu’on court… Sinon, TRES TRES impressionnée par la prose de ton bûcheron. Ca envoie par chez vous, dis donc 😉 Et puis, je pense que les mots « expansif » et « gars » sont antagonistes… tout du moins, je côtoies un spécimen pour qui c’est aussi le cas. Toufasson, moi, j’m’en fiche car il a répondu à mes commentaires (moui, Mme ! j’suis toute fière ;-)).

    1. Héhé je suis impatiente de voir comment tu vas vivre le tien de marathon ! Même si tous les CR se ressemblent, il y a toujours une petite nuance dans la façon d’appréhender le truc qui m’intéresse. Moi-même je me suis surprise : être aussi calme et détachée du chrono, c’était tellement imprévisible ! Et sinon bé ouais, le Bûcheron s’exprime bien … Quand il s’exprime 😉 ! Je suis super contente des retours, ça me stressait limite plus que lui l’ouverture de cette catégorie, c’est con ^^ !

  3. Quand je lis ça, je prends énormément de plaisir.
    Ce passage de la détresse à l’euphorie, je suis sur que beaucoup de marathoniens l’ont connu.
    il y a quelques semaines j’écrivais un article qui peut faire un peu écho au tien : 42,195.
    Je te mets le lien : http://www.cuk.ch/articles/7579.
    J’espère que tu prendras autant de plaisir que moi quand j’ai lu le tien.

    Au prochaine article.

    Et pour les 42′, ça va le faire.

    1. Carrément, il me tarde de voir aussi comment tu vas vivre ton marathon … En plus, loin de chez toi, dans un nouvel environnement, ça risque d’être riche en émotions tout ça !!

  4. Un marathon ça change ta vie!!!!!
    Pour moi c’est le gros kiff de courir un marathon alors certains trouvent ça ridicule mais je trouve que tu apprends à te connaître encore plus. Avec tout les changements d’humeur « je vais super bien c’est que du bonheur je kiffe courir » puis 5 minutes après « j’ai envie de crever ça sert a rien de courir, j’ai envie de m’asseoir sur le trottoir et d’enlever ses baskets de Me..e et de rentrer pied nus chez moi ».
    Et je me suis rendu compte que quand on voulait on pouvait (pas facilement mais on peut!!!)

    Pour reprendre une expression que l’on se dit avec mon frère avant chaque marathon
    « si tu veux courir, cours un kilomètre; si tu veux changer ta vie, cours un marathon »!!!!!!

    1. Ahah, moi mon truc au 38ème c’était de m’allonger dans l’herbe. Ça avait l’air TELLEMENT génial cette herbe tendre là sur les côtés de la route ^^ ! Oui, d’un certain côté, ça te change la vie … Ou du moins, la perception que tu peux avoir de la vie, je crois 🙂

  5. Y a pas à dire le marathon reste un gros morceau qui demande qu’on donne de sa personne que ce soit en terme de préparation (il faut bouffer de la borne comme on dit) ou d’effort le jour de la course (42km: mes cuisses s’en souvienne encore !). Je crois que chaque épreuve de la vie qui nous pousse au delà de notre zone de confort nous force à nous redécouvrir, à nous faire grandir et donc à évoluer. Tout ca pour dire, je confirme…

    1. Comme par exemple, s’exiler dans le fin fond de l’Ecosse ? 😉 … On est des marathoniens ou on est pas des marathoniens ?!! Ouaaaaiiis !

  6. c’est vrai qu’il fait rêver LE marathon!
    peut être que cette idée à germé dans ma tête en suivant ta prépa l’année dernière!
    Je n’arrive toujours pas à savoir si je serais prête ou pas…c’est grave docteur? ^^

    1. Ahah nooon c’est pas grave docteur ! Ceci dit, il vaut mieux s’élancer bien préparé(e) pour en profiter pleinement je pense … En tout cas, c’est ce que j’avais visé :). Alors go girl, gooo !

  7. Après 6 mois de course, j’ai tenté (et j’ai vaincu) le semi-marathon ! Déjà, j’ai vu une différence dans ma façon de penser quand je cours, alors le marathon … Je n’ose même pas imaginer ! C’est prévu pour euh … un jour ?! 2015 normalement … Bravo en tout cas !

    1. Un semi-marathon après 6 mois ?! C’est énorme ! Alors bon courage si tu te lances dans le marathon bientôt (2015, c’est bientôt non ?). Enfin tu n’auras pas tant besoin de courage que ça en fait. Quand on est investi, ça passe tout seul ! 🙂

  8. Alors bien sûr que tu peux et tu dois être fière d’être finisher de ce marathon!
    C’est tellement symbolique! Il faut faire preuve de force aussi bien mentale que physique pour arriver au bout de plus de 42 km. Je suis admirative.
    Et je sais qu’un jour je me lancerai. Juste pour me prouver que quand on veut on peux!
    Encore bravo!!!!!

    1. Yes, c’est un histoire de force ou plutôt de persévérance ! Si tu as envie de te lancer, fonce, ça reste une expérience inédite et très forte 🙂

  9. Quoi? Un an déjà que je lis ce blog?
    Tu décris à peu près ce que j’ai ressenti pour ma première course supérieure à 10km. Alors vivement le marathon (un jour…)!

  10. Ton article me prouve une fois de plus que le marathon ce n’est pas encore pour aujourd’hui! Même si ça semble presque « banal » de nos jours pour certains (surtout ceux qui ne courrent pas :)), je rester persuadé qu’il faut respecter cette distance et qu’elle m’appellera le moment venu! ^^
    Un shoot de vie, quelle belle expression en tous cas! 😉

    1. (Bonjour je réponds aux commentaires avec 1 mois de retard huhu). Très clairement, je pense qu’il faut courir un marathon quand on a envie d’en courir un. En faire un « pour le faire », ça n’a pas vraiment d’intérêt, c’est trop impliquant … !

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