J’ai couru pour vous : le 1er Rouen Urban Trail

24 juin 2015

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Le Trail du Port Racine : barge, qu’ils disaient …

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Rouen Urban Trail 2015 gros horloge
Arrivee Barjo 27 km trail port racine 2015 beaumont hague

Ô Normandie natale, comme tu es belle ! Mais comme tu fais mal aux jambes, bitch ! Dimanche dernier, Anto, Bastien et moi nous engagions l’air de rien sur le trail du Port Racine, dans la Manche. Autant la distance annoncée initialement (24 km) me semblait jouable sans entraînement digne de ce nom … Autant la distance finalement apparue sur l’email de briefing (27 km) commençait à faire sérieux. Du coup, j’avais prévu d’en c****. Ça n’a pas manqué. Mais pas trop tôt, donc c’était bien quand même.

Récit à deux voix avec mon pote Bastien !

Un démarrage tranquilou

Bastien // Dimanche 21 juin 12h45, me voilà au départ. Le speaker annonce 27 km et 863 m de D+. Ok, vu mon entraînement du moment disons « décousu », ça ne va pas être qu’une partie de plaisir. En plus, je n’ai jamais trop couru ce genre distance, je n’ai pas de montre donc j’y vais à l’aveugle ! Ce n’est pas très grave, le soleil est présent et va nous accompagner tout l’après-midi pour gambader dans la nature, donc smile !

Manue // On a commencé par 10 km relativement plats, avec plein de bouchons pour se reposer : une p’tite barrière, un virage serré, un mur en pierre, autant d’occasions de reprendre son souffle. Me sentant tout à fait illégitime avec mon sac de traileuse, je suis partie tout au fond du peloton, ce qui n’a pas arrangé l’affaire.

J’ai profité des premières descentes bien roulantes pour m’extirper un peu. Descendre, je sais faire. Mon moment préféré fut sans doute cette pente vers Goury dixit Le Bout Du Monde, avec plein de familles venues généreusement encourager leurs coureurs ; mais aussi les autres. Il faisait beau, il faisait chaud, le vent nous rafraîchissait comme il fallait, le paysage était sublime : on était bien.

barjo trail port racine goury

Barjo trail port racine goury

 

goury barjo trail port racine

Photo : Normandie Course à pied

 

Arrivé sur Goury, j’aperçois ma chère et tendre qui nous accompagne tout au long du parcours. Ça fait du bien de voir des têtes connues sur le bord de la route. Un sourire pour la photo et c’est reparti. On prend un peu de hauteur, ça va toujours. J’en profite pour admirer les magnifiques paysages que nous offre la Manche : c’est vraiment joli ces plages de sables au loin avec cette eau d’un bleu éclatant ! Passage d’un tunnel : et merde la frontale est dans le sac.

 De mon côté, j’ai croisé mon premier cent-bornard, en mode Anton Krupicka. Je l’ai encouragé un peu mais je l’ai senti dans le dur (sans blague ?). Et puis on a grimpé un peu. D’abord sur la route, ensuite sur un magnifique petit single au milieu de la végétation piquante du bord de mer. Le panorama était grandiose et puisque le gars en tête de mon peloton n’avançait pas, j’avais le temps d’apprécier.

La surprise du 20ème

C’est à partir de là que ça se complique …

Dans une descente en sous-bois, je demande à un concurrent où l’on en est. « 18,50 km en 1h52″, ça va je suis plutôt pas mal mais je sais que le plus dur est devant moi. Petite côte au niveau du kilomètre 20, je sens que je ne suis plus seul : les crampes vont finir la course avec moi !

Ça a été pendant 20 bornes, puis mes jambes ont commencé à me rappeler à l’ordre. Quelques kilomètres plus loin, alors que je m’appliquais à ne pas me laisser distancer par la nana-en-saumon-qui-sentait-bon-la-lessive, qui vois-je marcher en bord de route ? Anto ! Je l’interpelle « mais qu’est-ce que tu fais là ?! ». Il semblait en forme ces derniers temps, mais un coup de fatigue lui a manifestement volé toute sensation de plaisir sur cette course pourtant taillée pour lui. Il me dit qu’il veut abandonner, je le rappelle à l’ordre et l’intime de finir avec moi.

Ravito 2, je bois, m’alimente et je vois arriver Manue et Anto. Manue et moi avons des crampes, Anto pas vraiment de jus, on décide de terminer ensemble.

Le finish en trio !

Coucou la descente ! Photo : Facebook Barjo

Coucou la descente !
Photo : Facebook Barjo

Il ne reste que 5 petits kilomètres mais ce seront les plus longs. Après une descente vertigineuse que certains passeront sur les fesses, je commence à sérieusement souffrir. Les crampes attaquent de toutes parts : mollets, cuisses, pieds … j’ai beaucoup de mal à courir. On s’arrête régulièrement pour tenter par tous les moyens de faire passer les douleurs : étirements, remuages de jambes en l’air … c’est la cata ! Le trio va clopin-clopant, doucement mais sûrement.

La fin est dure avec deux très grosses côtes que l’on monte en marchant, pas possible de courir, je crampe de plus en plus, obligé de m’arrêter pour m’étirer sur le côté plusieurs fois.

La fin approche mais c’est long long long. A à peine 2 kilomètres de l’arrivée, je m’accroche à Anto et boite misérablement. Et puis, des gens sur le bord de la route m’arrosent tellement d’encouragements que je me remets à trottiner, ce qui ne manque pas de déclencher une nouvelle salve fournie de bravos. Ça fait chaud au cœur !

Dernier 500 m, on termine en courant mais surtout au mental. Je ne sais plus trop comment mettre mes jambes pour éviter la douleur.

On se met en ligne tous les 3, pour bien finir ensemble : mon père a promis d’offrir une bière au premier arrivé 😉

Une petite accélération pour la forme et …

… C’est bon, on passe sous l’arche tous les trois en 3h16 sous les regards de Mathilde et des parents de Manue qui étaient venus nous encourager également sur le parcours.

arrivee Barjo 2015 beaumont hague

Mousse, jambes en bois et bilan

Heureuse mais épuisée, je passe 30 min à essayer de faire passer les crampes. Elles me poursuivront jusque dans la nuit. Voilà, ça m’apprendra à ne pas m’entraîner ! Les copines arrivent, ça me fait grand plaisir de voir tout le monde ! Et puis, je suis quand même un peu fière d’avoir fini et contente d’avoir partagé ça avec Anto et Bastien.

Après la fameuse bière promise, on rentre au bercail. Au final, j’ai pris du plaisir à courir ce trail, même si les jambes étaient très dures à l’arrivée. Je ne m’étais pas mis du tout la pression. La course à l’aveugle était en fait un atout, j’ai fait au feeling. C’était chouette de finir ensemble la course. Petit point négatif, il y avait un peu trop de portion de routes, surtout en côte, ce qui est, à mon goût, moyennement agréable.

Merci à nos hôtes du week end et à Mathilde pour les encouragements. Merci les amis pour nous avoir fait découvrir cette très belle région. Sans aucun doute, je reviendrais fouler les sentiers de la Hague !

Pour ma part, c’est décidé : j’arrête de jogger, je cours.

Voir les photos Lire le CR d'Anne-Claire


La course en bref

La Barjo, c’est en fait un ensemble de courses dans La Manche (50) :

Le tout dans le sublime paysage du Nord-Cotentin, plus précisément de La Hague. C’est pas cher, bien organisé et très joli : allez-y !

Un petit aperçu de La Hague …


La Hague Totale! par otlahague

Running Sucks, ambassadrice de l’office de tourisme de la Normandie  :mrgreen:


11 comments

  1. Bravo pour ta course déjà!
    Tu ne te sentais pas légitime avec ton sac de traileur? Tu sais, l’an dernier sur une trail bien casse-gueule, j’ai vu des gens en chaussures de route… Nan faut pas t’inquiéter, et faut bien commencer quelque part.

    Et puis le public des trails c’est le meilleur. 😀

    1. Merci, j’ai bien aimé ! Ouais pas légitime aussi parce que j’étais pas bien entraînée donc à un moment, j’ai pris conscience de la distance et je me suis dit « merde, qu’est-ce que je fous là ? » ! Bref. Bravo à toi pour le 55k, c’est du sérieux !!

  2. Pas d’entrainement, punition, c’est direct ! Ça avait l’air bien sympa le parcours quand même. Vous avez eu du bol dans votre malheur, ça vous a permis de finir ensemble. Ça atténue la douleur j’imagine (aucune idée en fait, j’ai jamais fini une course misérable avec quelqu’un).

    1. Oui franchement, de finir ensemble, ça a beaucoup aidé ! Et puis je pense que le fait que je sois pas au top à la fin a fait oublier à Anto qu’il n’était pas en forme lui-même (ce côté sauveur ^^). Faudra vraiment qu’on s’organise un truc dans la Manche, ça te plaira !

    1. Oh bah j’avais bien un p’tit entraînement hein, extra light mais je courrais quand même un p’tit peu. C’est marrant parce qu’entre 24 et 27, y’a que 3 km mais je trouve que ça change carrément la donne. Enfin, pour moi ^^ ! Merci en tout cas pour ton petit mot. 🙂

    1. Héhé en fait j’ai déjà fait un trail de 15 km mais je n’en avais pas parlé ! J’aurais sans doute plus apprécié la fin si je m’étais un peu plus entraînée mais ma foi, je suis bien contente quand même. C’est comme à l’école : de pas réviser, ça empêche de stresser ^^ !

    1. Complètement, c’était inattendu mais très chouette, je regrette pas au final (bon, si, un peu pour Anto qui ne s’est pas franchement amusé).

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