Mission 1042 – épisode 3 : premier test dans 5 semaines

21 avril 2014

Les coureurs à pied aiment-ils souffrir ?

21 avril 2014

Moi, traileuse ?

21 avril 2014
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Il y a quelques semaines, dans un moment d’égarement le plus total, je laissais vaguement entendre que « et pourquoi pas le trail ». Après un ras-le-bol du fractionné et une sortie à 200m de D+ sur 18K (woawwoawowoaw) (c’est bon, je vous entends rire d’ici), je trouvais finalement des charmes à cette pratique qui m’avait jusqu’ici laissée de marbre.

Rando-course ?

Forte de ma motivation toute fraîche, c’est pleine d’enthousiasme que je disais à The-Boy « mais on devrait carrément faire des rando-course dans les Highlands. Genre des trucs de plusieurs heures et tout. Ce serait trop bien ».

Pour contextualiser un peu les choses : il prépare en ce moment une course de 54K avec 4200m de D+ (note pour lui : pressioooon). Son obsession c’est donc : monter, descendre, monter, descendre, monter, descendre. Sa conception du trail passe beaucoup par le dénivelé.

La voilà mon erreur !

Nous n’avions pas forcément bien défini le terme « rando-course ». Quand je m’imaginais gambader gaiement dans la forêt et/ou dans la vallée, lui s’imaginait gravir des collines. Et comme je lui délègue toujours la préparation des sorties de ce type …

L’ascension …

J’avais déjà expérimenté la chose pourtant. Eté 2013, douloureuse rencontre avec Pasaprèspas et le Puy Mary. Apoplexie, état de mort cérébrale imminente, tout ça tout ça. Mais j’ai la mémoire courte.

C’est donc après une nuit de 4H (pas à cause de la bière mais du rhume) et équipée d’une crève carabinée (mais VRAIMENT) que je me lance à l’assaut d’une colline. Au début tout va bien, je cours doucement, on grimpe, à l’aise.

100m de D+ (course) :

–          Anto : « on peut marcher si tu le sens mieux comme ça hein, faut être bien cardiaquement ».

–          Moi en mon for intérieur : « ahaha marcher, il est MIGNON. Je suis pas une randonneuse MOI ».

200m de D+ (marche) :

–          Anto : « Manue, ralentis. »

–          Moi : « AHGNNHJAARAAHH » (= otarie asthmatique)

300m de D+ (marche) :

–          Moi : « c’était peut-être pas une bonne idée finalement cette sortie … »

–          Anto : « … »

500m de D+ (arrivée) :

–          Anto (gros menteur) : « c’est bien, tu t’es bien débrouillée ! Regarde, on a doublé tous les randonneurs »

–          Moi : « NON MAIS ENCORE HEUREUX QU’ON AIT DOUBLE LES RANDONNEURS ».

Je finis limite en pleurnichant. Tu vois, sur l’échelle de l’émotion et du dépassement de moi-même, je pense me situer au-delà de Cédric à la fin de son Marathon des Sables. Au bas mot.

Sur une sortie de 5,7K et 500m de D+, OUI MONSIEUR.

Le pire du truc c’est qu’après avoir manqué de perdre l’ensemble des organes composant mon système respiratoire sur la montée, il m’a fallu me détruire les jambes sur la descente tout en prenant le risque de me (re)tordre les chevilles à chaque foulée.

Trop génial le trail !

Heureusement, la vue est belle et j’ai pu mettre un caillou sur la « pyramide-de-cailloux-des gens-qui-sont-arrivés-en-haut-de-cette-insignifiante-colline-des-Highlands ». Ceci dit, je note que j’ai fait des progrès : je n’ai pas pourri Anto pendant la montée. Même pas mentalement, promis.

Non mais QUAND MEME, avouons que c'était pas mal là-haut.

Non mais QUAND MEME, avouons que c’était pas mal là-haut.

Conclusion ?

  • Le D+ ça se travaille
  • Je n’ai toujours pas envie de le travailler (donc, cet article reste d’actualité)
  • Traileurs, traileuses, vous avez mon respect éternel
  • Je veux bien faire du trail mais en Champagne-Ardenne.

22 comments

  1. Bah, comme ça t’es fixée, tu peux te concentrer sur ton 10 km en 42′ et laisser le D+ à ceux qui aiment ça.
    Cela dit, avec 500 m de D+ sur moins de 6 km, monsieur Sucks a choisi de faire un compromis sur la distance mais pas sur le dénivelé, hein ?

    1. Oui, une petite piqûre de rappel de temps en temps ne fait pas de mal. Après ouais, j’aurais sans doute préféré courir bien plus longtemps et étaler le dénivelé finalement. Parce que faire une successions de petites montées, ça ne me dérange pas, mais 2,5K d’entrée de jeu, c’est trop pour moi.

    1. Non mais attends, j’ai réfléchi attentivement : il faut qu’on soit stra-té-giques. C’est évident qu’ils vont TOUS se crever sur la montée. Du coup, il faut qu’on garde de la fraîcheur pour la fin et BIM, on double tout le monde ! Génial ou pas ?
      Sérieusement, si y’a une portion à 15, 20%, on marchera et pi c’est tout !

  2. Des fois je me dis, en imaginant mon futur de grande championne (même si je le suis déjà hein faut pas déconner, ça y est moi suis je fais des sorties de 10km le dimanche matin sans crever), que je préfère me taper du trail que une course longue sur route.
    Ceci pour plusieurs raisons : je cours sur route que en compétition et ça me gonfle royalement, j’aime la nature, j’en ai marre des traileurs qui me doublent en rando.

    Non en fait le trail c’est chaud quand même, finalement je vais plutôt me remettre activement à la broderie.

    1. Ben j’ai toujours tendance à penser que la course sur route et le trail ne sont pas du tout le même sport. D’ailleurs, je suis nulle dès qu’il s’agit de grimper car je me comporte comme une « bitumeuse » : il FAUT courir ou alors si VRAIMENT pas le choix, marcher … Mais marcher le plus vite possible. Du coup ça marche pas ! Mais ceci dit, y’a trail mais y’a aussi « courses natures », sans forcément le gros dénivelé horrible du trail. C’est peut-être là-dedans que tu épanouiras la grande championne qui sommeille en toi ?!

    1. AH BAH VOILA, je vais lui faire lire les commentaires (de traileurs, qui plus est) pour qu’il comprenne ma douleur ! Non clairement c’était trop d’un coup. Peut-être qu’il m’en veut pour quelque chose … Je vais ouvrir le dialogue ^^ !

  3. Ahahahaha au moins du peu profiter des beaux panoramas écossais 😉 !
    Fais gaffe même les Ardennes c’est très vallonné ! Y a même des courses qui offrent des points pour l’UTMB par là-bas 😉
    Bon courage à Antho 50K avec plus de 4000m de D+ C’est bien costaud !

    1. Ah mais j’ai vachement mieux profité en faisant de la rando tranquilou. Là il m’a fallu 5 minutes pour m’en remettre et ensuite j’ai commencé à avoir froid. Bref, gros boulet ahah !
      Sinon oui, ambitieux le Coco, c’est pour le mois d’août. Il a jamais été aussi sérieux à l’entraînement …

  4. Alors ouais pour donner envie à quelqu’un de faire du trail, 6km 500D+ c’est pas une bonne idée sauf si la personne en question est un putain de grimpeur né.

    En fait le secret qu’on t’a pas dit dans le trail c’est que les panoramas et autres merveilles de la nature sont sensés te faire passer la pilule de la douleur. Si ça marche pas c’est que le ratio paillettes-dans-les-yeux/difficultés-douleur-je-veux-crever est pas le bon. 😀 (Là a priori y a les paillettes, mais 500D+ quoi… et avec la crève en prime!)

    Sinon ouais: le D+ ça se travaille, mais j’ai beau le bosser depuis plusieurs mois, je souffre toujours. Je sais pas trop si ça s’arrêtera un jour. 😀

    1. Ah non mais ça me rassure ce que tu me racontes et je suis très sensible à cette histoire de ratio ! 200m de D+ sur 2K ça passe encore je pense. Au delà je me meure.
      Bon après, j’imagine qu’on souffre toujours plus ou moins, comme sur la route … Mais comme tu dis, si le ratio est bon (douleur/panoramas ou douleur/satisfaction chrono), ça passe !

  5. Pendant un moment j’ai cru que tu allais nous dire que tu avais testé et surtout kiffé à mort. ^^ Mais j’ai bien ri en te lisant. 🙂

    Ps : Anto a fait un pari stupide pour se lancer sur une course de 54K avec 4200m de D+ ?!

  6. Non mais LOL !! Tu m’as fait trop rire. Moi aussi, souvent, j’ai des idées « géniales » qui s’avèrent pas si géniales que ça, au final. Mais j’évite de le confirmer à mon playboy qui, lui, ne trouve JAMAIS mes idées géniales. D’ailleurs, une de mes nouvelles idées est de tenter un trail prochainement. Bizarrement, le playboy est d’accord. Mais je ne lui ferai pas lire ton article… 😉 Nan parce qu’il est ok pour faire un trail MAIS il déteste les côtes. J’ai pas eu le coeur de lui mettre sous les yeux cette incohérence. Je le laisse réaliser tout seul.

    Bon courage à ton boy pour son grand défi. Il pourrait peut-être nous faire un petit compte-rendu après… nan ? … 😉

    1. Ahaha le pauvre playboy, je comprends d’avance sa douleur ! Ceci dit, bon, on peut trouver des trails sans un trop trop gros dénivelé. Le pire je trouve, c’est de se prendre une HUGE côte, genre plusieurs centaines de mètres d’affilée. Quand c’est plus étalé sur la distance ça va un peu mieux héhé. Ce week-end j’ai un 10K avec 200m de D+ mais je sais pas trop sur quelle distance …. J’ai peur. Je vais encore pleurnicher ^^ !

  7. J’adore ce récit parce que tout ce que tu dis ça pourrait être moi! Dimanche j’ai un trail de 12k avec 450 D+, aucune idée de ce que cela représente, je sens que je vais bien me marrer! (ou pas..)

    1. Hé bé bonne chance ! Non franchement ça peut aller je pense 450m sur 12K. Après ça dépend comment le dénivelé est « lissé » sur la distance ?! Si tu te prends les 450m en une fois ça peut faire mal (enfin, tu es sans doute meilleure que moi en D+ ceci dit, tu as déjà fait des trails !). En tout cas amuse-toi bien, c’est le but hein ?!

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