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N’ayez plus peur de dire « j’aime le bitume »

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Quais de RouenQuand je demande quel mystérieux plaisir les amateurs de grimpette prennent à monter des côtes, moitié agonisant tandis qu’ils sont à -10% de leur VMA, ces derniers me répondent souvent “mais le paysage, la pépite, la récompense tout là-haut”.

La montagne, ça vous gagne

(oh le titre facile, déjà vu, cliché, booouh)

Ouais. Mon œil ! Parce que j’ai testé le truc et c’est l’arnaque. En fait, t’arrives là haut après de longues minutes de lente agonie, tes trois compères t’attendent depuis 10 min, ils ont laaargement eu le temps de se remettre de leur légère montée à 160 puls (alors que t’es à 205 depuis belle lurette). Ils te narguent là, à prendre des photos nonchalamment, frais comme des gardons.

Bref, tu maîtrise tout juste ton envie de rendre tes biscottes du petit-dej’ qu’ils ont déjà envie de repartir. T’oses pas trop protester, bim, 2X moins de récup’ que les autres et à peine le temps de te dire “ah bah tiens, c’est joli ici”.

Voilà comment ça se passe, pour moi, le trail en montagne. Déjà, j’étais pas chaude quand mon boy essayait de me traîner dans les forêts rouennaises (n’y voyez rien de graveleux). Trop de boue, trop de cailloux, trop de côtes, faut toujours regarder où on met les pieds … Et puis, on a couru avec PAP dans les montagnes pourtant pas bien hautes d’Auvergne. Alors y’a pas à dire c’était super beau et tout, j’ai vraiment apprécié la balade.

Mais.

Quais de Rouen

Oui, j’ai toujours le même short, je sais. Promis j’en ai d’autres, hein.

Mais, je suis revenue à Rouen, sur mes quais, cette longue bande de bitume parfaitement plate, cette grande ligne droite coincée entre la Seine et un boulevard hyper pollué. Je n’ai jamais autant aimé mes quais. Je réalise que ce qui me plaît dans la course à pied peut avoir l’air bête en le disant : juste le geste simple et presque épuré de courir, de poser un pied devant l’autre, d’avancer, de manière quasi absurde, mécanique, automatique. De laisser son corps faire les réglages, se caler sur sa petite musique et aller tout droit devant.

Si je peux courir dans un environnement sympa, je prends, tant mieux. Mais j’ai réalisé cet été que je ne courais pas pour me balader ou pour profiter des paysages. Même si j’adore la nature, j’en profite bien mieux en marchant, finalement. Je crois que quand je cours, je suis dans un espèce d’état méditatif (sauf en séance de fractionnés où je ne médite pas grand chose à part “aïe – allez encore – non j’veux plus – si tu peux – bon ok – aïe – etc.) et je vis les obstacles naturels comme une entrave à ma liberté pure de, juste, courir. Sur les terrains accidentés, on est forcément concentrés sur ce qu’on fait, sinon on se vautre lamentablement. Je trouve que ça limite le côté « vidage de tête »/méditation d’une sortie sur terrain facile.

Mais, il y a autant de raison de courir qu’il y a de coureurs. Je suis en train de découvrir la mienne, peut-être qu’elle évoluera avec l’expérience.

Mais pour le moment, j’aime le bitume.

Et c’est pas tout de suite que vous me verrez sur les trails 😉

54 comments

  1. Je partage ton amour de l’asphalte. <3 Et la montagne, ça bride quand même pas mal la vitesse l'air de rien …

    Heureusement que Lille c'est tout plat et tout bitumé. Tu vas pouvoir t'en donner à cœur joie ! 😀

    1. Mais ouiii c’est ça aussi ! Après, je sais pas si y’a un lien vitesse/capacité à monter des côtes. Quand on court vite, on a un gros cœur donc on doit être plus costaud en montée ? Non ? Ça n’a aucun sens ce que je raconte ? Sans doute, faut des cuisses aussi … Bref

      1. J’aurais plutôt dit l’inverse : plus tu bouffes des côtes (qui musclent cœur et cuisses), plus tu es rapide sur le plat (qui te semble so easy du coup). Mais c’est à confirmer !

      2. Bé oui, t’as complètement raison ! C’est pour ça qu’on se tape des séances en côte (que je ne fais jamais), même quand on est coureur sur route. C’est lundi, j’suis pas bien réveillée …

  2. T’en n’as pas un de prévu en septembre? 😛

    Sinon je comprends ta vision du truc. Moi j’aime les deux, même si je peste contre la forêt à la fin de mes trucs, j’en ai marre de remettre de l’énergie dans chaque pas alors que le bitume lui, te le rend bien. Mais les montées j’aime bien, c’était dur au début, et puis on s’habitue. Faire gaffe à ses chevilles, aussi. Par contre c’est marrant de courir dans la boue, dans l’eau, passer des obstacles, grimper parfois, ça a son charme, ça change.
    Je m’ennuierai, sur la route tout le temps. Grâce au trail, j’apprécie bien mieux la route. Et grâce à la monotonie de la route, j’apprécie le trail. J’aime les deux.

    1. ben voilà pareil moi j’aime alerné comme le félin (comment tu fais pour lire si bien dans ma tête :p ) bon je préfère la montagne qd même ouais j’avoue ….mais qd j’ai envie d’une séance « facile » juste pour mettre un pied devant l’autre la route s’impose ….

      1. Je comprends qu’on aime la montagne, carrément ! Rien que pour le cadre … Disons que c’est une autre façon de courir. Mais en montée, je suis vraiment frustrée de souffrir beaucoup et d’avancer tout doucement.
        Après, comme dit Nolwenn, on peut y trouver une bonne complémentarité : le côté ludique des terrains accidentés + reposant/dynamisant du bitume … Un jour, peut-être !
        En fait, le trail était en trop dans mon planning donc je le fais pas (hé oui, hé oui, faux programme) !

      1. Je ne suis pas un expert. C’est juste que tu cours bien droite apparemment. C’est mieux que moi qui me désosse à chaque foulée. Je ne vais pas faire l’apôtre du minimalisme, je ne suis pas sûr que ce ne soit pas un truc extrême. Je ne connais pas tes shoes bien que j’avais envie d’essayer. J’aime bien les trucs souples et légers.

      2. oui, Daddy a raison, et aussi je note ta foulée rasante, tu y vas à l’économie, comme en trail.
        Sinon, je m’incline devant cette « Ode au bitume », ce crépuscule rouennais, rouannais ?… de la poésie pure…

  3. Véritable ode au bitume dans laquelle je me retrouve. Je fais même figure d’intégriste quand je préfère les routes départementales à la plage qui est juste à proximité.
    Je pense aussi que selon l’environnement, on ne pratique pas complètement le même sport.
    Moi aussi j’ai ma routine et j’y tiens.
    Néanmoins, il faut, malgré ton jeune âge (je sais, je sais parler aux femmes), que tu intègres qu’à moyen/long terme tu vas payer ses km de macadam avalés. Tu vas user ton corps et multiplier les risques de traumatismes qui te feront choper de l’arthrose (c’est moins sexy) un peu plus tôt qu’une personne lambda.
    C’est pas un argument pour te faire évoluer car justement ça ne m’a moi-même pas convaincu.
    Mais c’est une réalité.

    1. J’avoue ne pas beaucoup y penser et tu as raison de me le dire, même si je ne t’assure pas de changer pour l’instant. Mais, ça restera une info qui germera sans doute un jour dans ma petite tête !
      Après, je suis pas hostile à un petit chemin en stabilisé hein, mais je sais pas si ça « soulage » suffisamment …

  4. Bon, j’ai pas vraiment (pas du tout) testé le trail, ça me tente autant que ça me fait peur ! Mais ce qui est sûr, c’est que j’aime mon bitume ! Ce matin j’ai fait ma SL dans la ville (pas de parc ouvert à cette heure-ci) et j’adore. Par contre j’aime aussi les côtes à la mode macadam : la côte des gardes c’est ma passion, et dès que je vois des escaliers je résiste pas :p En mode trail urbain quoi !
    Mais je suis bien d’accord avec ta vision du bitume, et du « geste épuré », je ressens ça aussi et j’adore, quand les jambes vont toutes seules sur les routes et que pendant ce temps la tête peut vraiment s’évader … Vive le bitume quoi !

    1. Les côtes passent mieux sur terrain « dur » pour moi aussi, j’arrive pas trop à imaginer à quoi ressemble la côte des gardes, faudrait que tu me fasses une photo en bas ^^ !
      A vrai dire j’ai jamais fait de trail en compétition, mais rien que des sorties forêts, c’est pas mon gros gros kiff (c’est celui de mon mec, par contre) ! Par contre, toi, si tu aimes grimper, tu vas peut-être y venir hinhiiiin !

      1. Ahah ouais ben pour l’instant je vais rester sur le plancher des vaches ! Enfin … des voitures :p
        J’essayerai de prendre des photos de la côte, et faudra que tu viennes t’y frotter un jour !!

    1. Mais oui, je suis trop underground en fait, merci Doune ! 😉
      Y’a indéniablement un effet de mode, que je connais peu puisque finalement, depuis Rouen, je n’ai pas trop d’occasions de fréquenter ce milieu. Mais je connais des gens qui se sont frottés à des méchants trails de montagne avec une prépa trop légère … Et force est de constater que la montagne ne se laisse pas apprivoiser si facilement ! Je vais en rester à la rando, pour l’insant.

  5. Salut,
    C’est beau l’amour, y a rien à dire!
    Même constat pour moi: Pourquoi courir quand on peut marcher sans s’ennuyer? En Montagne, pourquoi se retrouver à court d’air, alors qu’on pourrait s’arrêter tout simplement pour admirer le paysage ou prendre une photo?
    J’ai testé le Cross du Mont-Blanc dont le parcours est magnifique, mais je n’ai pratiquement regardé que mes pieds! Moi je dis, courir en montagne, c’est du gâchis! Vive le béton urbain, vive le béton campagnard, … Vive le béton marin (courir sur le front de mer … quel plaisir!)!
    Mystinguett

    1. C’est très vrai ça, pareil, je regarde plus mes pieds qu’autre chose dans ce genre de configuration ! Et c’est tellement dommage quand tu as une carte postale devant les yeux … J’ai presque l’impression de « gâcher » le moment.
      On parle tellement de trail que les petites voix des bitumeurs ne se font plus entendre !

  6. « Mais j’ai réalisé cet été que je ne courais pas pour me balader ou pour profiter des paysages. Même si j’adore la nature, j’en profite bien mieux en marchant »
    100% sur la même longueur d’onde 😉

    Par contre, pour le minimalisme sur la photo, faudra m’expliquer…

    1. Le minimalisme sur la photo quoi ? C’est pas bien ? J’vais me flinguer les genoux ?
      J’y connais RIEN en technique de foulée et je choisis des shoes parce que je les trouve fun donc je prends tout avis, remarque, hurlement, engueulade !

      1. Ton talon semble taper en premier le bitume que tu aimes tant. Faudrait que tu poses l’avant pied d’abord. Je pense que c’est ce que DaJo voulait dire.
        Tes godasses sont minimalistes? C’est lesquelles que t’as sur la photo?

      2. Ce n’est qu’une photo, faudrait voir une vidéo, mais il me semble que tu poses le pied trop loin devant, avec la jambe trop tendue et avec une forte attaque talon. Donc, à l’évidence, ce n’est pas ce qu’on appelle « courir naturel ».
        Quant aux Kinvara, je les adore. Je trouve que ce sont d’excellents runnings pour « courir naturel » tout en étant protégé. Vu l’épaisseur des semelles, ce ne sont vraiment pas des runnings minimalistes… d’ailleurs, c’est ce qui te permet une telle attaque talon 😉

  7. En voyant cette belle ligne droite, je comprends ton amour pour le bitume ! j’entends presque la musique des entraînements de Rocky …

  8. Alors la, je ne peux que dire BRAVO ! Bravo de balancer, bravo de s’insurger. Alors ouais, les traileurs ils se racontent parce qu’ils sont trop fort, mais les gars on a pas la même cage thoracique, ni les mêmes genoux ! Je partage tous les points de vue mentionnés dans cet article. La montagne, c’est très joli, je suis le premier à le dire et à aimer crapahuter et me balader. Par contre pour courir, rien ne vaut du bon gros béton, un sol un peu solide, des bons quais tout droit tout plat, sans un poil qui dépasse.

    Donc oui Manue, moi je surkiffe le bitume.

    1. Tu sais quoi ? J’me demande si finalement, on fait tout à fait le même sport les traileurs et les bitumeurs … Enfin, ce sont des déclinaisons de course à pied mais c’est tellement différent !
      On parle tellement de trail dans les médias, j’avais envie de dire « hé coucou, les kiffeurs de bitume existent encore » ^^ !

      1. Oui. J’apprécie les trailers, pas de problème, dans la cour de récré je ne leur ai jamais jeté de petits cailloux. Mais autant on parle de « mode du running », autant c’est encore + la mode de faire du trail, c’est hyper in, hyper tendance, autant que les hipsters. « Ah, tu cours que sur de la route toi, tu t’ennuies pas ? » ben non merci.
        C’est pas le même sport, pas les même efforts. Organiser un WE à la montagne c’est chouette c’est sûr. Moi 19h, j’éteins le PC du boulot, j’enfile les baskets, et bim les quais. C’est cash, brut, on est vite dedans.

  9. À Chamonix, y’a plein de traileurs (des filles surtout) qui courent uniquement en ville (pour se la jouer car c’est tendance).
    Je partage le fait que cet effet de mode sur le trail est insupportable.

    1. Après je comprends qu’on ait envie de courir dans de tels décors sans pouvoir s’y entraîner pour cause de vie en région parisienne ou ailleurs… Mais comme tu dis, il y a sans doute un excès dû à un effet de mode et je comprends que les locaux et traileurs de longue date se sentent un peu « colonisés ». À vrai dire, les gros évènements de trail ne me font même pas envie car j’aime la montagne quand je me sens quasi seule au monde 🙂

  10. Les quais de Rouen….
    C’est juste bô. A 5h du mat avec cette eau électrique au pied du pont flaubert dans une ambiance de vieux films, en plein cagnard à se faufiler entre les promeneurs, quand les couples dansent la samba le dimanche soir, quand on fait demi tour au bout du quai waddington et qu’on voie la ville avec des nuages qui la sublime, quand il neige, quand il pleut, quand il brume, quand la seine s’y installe ne laissant par pure générosité qu’un ou deux mètres pour passer, avec les marins à pompon, quand il y traîne un vieux paquebot en désuétude qui attend son heure pour aller crever ailleurs dans une ambiance à la « Tramp », en profitant du spectacle offert par les terrasses et les salles de sport.
    Et c’est plat. Pas la peine de se concentrer sur ses pieds. Il n’y a plus qu’à en profiter, en rêvant qu’un jour tous les coureurs s’y passent le bonjour.
    Finalement, on en a de la chance !

    1. Oui, on en a de la chance et on a tendance à l’oublier ! J’aime ce décor industrialo-portuaire… Et la rive gauche est prometteuse, j’aime bien y aller en passant sur le pont Flaubert et regarder ce bouddha géant qui crache de l’eau et qu’on sait pas trop ce qu’il fout là.

  11. Je partage à cent pour cent ta réflexion sur la poésie du bitume. Moi j’aime le côté « laborieux » du truc : monotones lignes droites monochromes agrémentées de lignes blanches discontinues qui, moi, me motivent à courir plus vite. Pareil que comme un des commentaires l’a dit (quoi qu’est-ce qu’il a mon français), je n’aime rien tant que les routes côtières tandis que les coureurs classiques empruntent la dune. A condition que de la route, je puisse voir la mer (faut pas déconner quand même). Comme tu l’as deviné, je suis Bretonne (et Brest doit avoir à peu près le même charisme urbano-portuaire que Rouen), mais exilée à Paris pour le travail depuis peu, j’ai trouvé mon terrain de jeu, un truc qui me permet de bien dérouler, tout en étant au calme, sans voitures (je déteste courir en ville ! Bitume ok mais dans les coins paumés) et en pleine nature…oui c’est possible ! ça s’appelle… le bois de Vincennes : un mix parfait d’allées stabilisées, d’allées bitumées mais piétonnes, de sentiers de forêt mais sans racines, et pour couronner le tout, zéro côte de chez zéro côte, parfait pour la rouleuse pas grimpeuse que je suis. En gros, je peux courir vite, ne pas me blesser parce que j’alterne bitume et sentiers, faire des boucles de 10 à 30 kilomètres sans repasser par le même endroit, et croiser renards et écureuils (sic) en sentant l’herbe et les épines de pin. Que demande le peuple?

    1. Hé bien, figure-toi que j’ai « visité » Brest pour la 1ère fois au printemps ! Je suis désolée d’avance si j’irrite ton âme bretonne mais je crois que Brest est plutôt pire que Rouen niveau décor. Après, j’y suis allée un jour où il pleuvait, ça n’a pas dû aider à apprécier la ville ! J’voulais la voir rien que pour la chanson de Miossec que j’aime bien-beaucoup et j’y ai acheté un bol breton (te moque paaaaas de mon attitude de touriste-de-base).
      Je n’ai jamais couru au bois de Vincennes mais ça a l’air d’un très bon classique pour les parisiens ! J’aimerais avoir un tel terrain de jeu. Chez nous, il y a des forêts mais, comme l’explique cet article, j’en suis pas friande. On a bien des petits parcs … Mais il faut faire 25 tours pour boucler une sortie longue, esprit hamster quoi !
      Bref, je te souhaite une bonne acclimatation à la capitale 🙂 !

  12. Je comprends aussi ton amour du bitume et je le partage, peut-être aussi par facilité, je dois bien l’avouer… Mais je ne te cache pas qu’en dépit de la difficulté supplémentaire que ça peut représenter, j’envie mon frère qui, habitant à Bourg-Saint-Maurice, s’entraîne, en côte certes, mais dans un cadre exceptionnel qui vaut 100 fois celui dans lequel je m’entraîne…

  13. Le bitume, il n’y a que ca de vrai! Ingrat mais fidèle, impitoyable par son verdict tranchant : en forme? Pas en forme?
    Perso j’adore savoir ou j’en suis et un parcours bitume connu et reconnu c’est tout de même rassurant!

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