Parkrun 5K : la claque !

12 mai 2014

De l’importance du mental : Aberdeen Baker Hughes 10K

12 mai 2014

Racer vs. Pacer : quel type de coureur êtes-vous ?

12 mai 2014
empty image
empty image

 

racer 2

chrono

Pendant que je pleurnichais sur l’arrivée trop tardive de mon début de saison runnesque, un lecteur (que je remercie au passage) m’a fait suivre un lien fort intéressant sur Facebook. L’article est issu d’un site américain, running.competitor.com (tout un programme), et s’intitule « Racer vs. Pacer : What Type Of Runner Are You ? ». Je profite de mes toutes nouvelles compétences linguistiques pour vous traduire (vaguement) la chose.

L’article est écrit par un coach, Tim Bradley. Il explique qu’il existe deux types de coureurs, chacun ayant ses forces et ses faiblesses. Il est selon lui important de les identifier pour adapter l’entraînement.

Le Racer

racer

Racer vient évidemment de « race » qui veut dire « course ». Le racer est typiquement un gars qui a l’esprit de compétition :

  • Il préfère faire des courses plutôt que s’entraîner
  • Il ne se fixe pas forcément un objectif de chrono, il veut juste « gagner »
  • Il s’intéresse plus au classement qu’au chrono
  • Il part souvent vite et court en « positive split » (2ème partie de course plus lente que la première)
  • Il a tendance à donner le meilleur du moment qu’il est en compétition
  • Il a du mal à être régulier sur ses courses, surtout les longues distances
  • Il peut avoir du mal à s’entraîner seul
  • Il a tendance à avoir une bonne « explosivité » (quelqu’un pour traduire mieux « to have a good kick ? », pas du tout sûre de moi sur ce coup là)

Selon l’article, les « Racers » peuvent accomplir de belles choses quand ils courent bien et qu’ils sont en situation de réussite. Pour certain, « réussir » va revenir à remporter des courses, pour d’autres, il s’agira de se placer assez haut dans leur catégorie ou de gagner des médailles.

L’inconvénient de ce type de profil, c’est que quand il fait quelques « mauvaises » courses, il est vraiment atteint dans son estime. Le Racer doit apprendre qu’on ne peut pas gagner à tous les coups et qu’il vaut parfois mieux courir vite et « perdre » que courir lentement et gagner. Il doit travailler à contrôler sa course et son rythme.

Le Pacer

Le pacer, cet homme de calcul !

Le pacer, cet homme de calcul !

Le Pacer vient de … J’vous l’donne en mille … « pace » qui veut dire allure, vitesse … rythme, quoi. Voici ses caractéristiques :

  • Typiquement super anxieux, il expérimente des degrés élevés de stress pré-course (ahaha, quelle idée ?)
  • Très concentré sur le chrono et sur les temps au kilomètre, beaucoup moins sur le classement général
  • A tendance à trop réfléchir (décidemment, PAS DU TOUT moi ce profil)
  • Court généralement de manière régulière ou en « negative split » (2ème partie de la course plus rapide que la 1ère)
  • A tendance à ne pas être bien quand l’environnement est moins sous contrôle
  • Moins « explosif » que le racer mais peut finir en beauté grâce à sa stratégie d’allure plus « propre »

Les Pacers ont tendance à courir avec leurs têtes plutôt qu’avec leurs cœurs (cette phrase vous est offerte par runningpoesie.com). Cela leur permet d’être réguliers et constants sur leurs courses. Toutefois, les Pacers manquent souvent d’ambition et courent trop sur la réserve, ce qui peut freiner leur progression. Un Pacer est plus effrayé par l’échec qu’un Racer. Le Pacer a souvent des chronos constants mais des records plus lents que quelqu’un avec les mêmes capacités qui aurait une stratégie de course plus ambitieuse.

Alors ? Vous vous reconnaissez ?

Pour ma part, je suis une Pacer évidente. Anxieuse, souvent assez régulière et constante, je réfléchis trop sur mes courses et je ne porte que peu d’intérêt au classement (même si ça fait toujours plaisir d’être bien classée, ne nous le cachons pas).

Ma stratégie pour détendre l’atmosphère et arrêter de trop me focaliser sur le chrono : éliminer le chrono. Oui, c’est radical. Mais c’est comme ça que je prends le plus de plaisir sur les courses … Et que j’avais établi mon record sur 10K, d’ailleurs.

Les conseils du coach

Les conseils du coach pour les Pacer : faire du fartlek en visant un certain niveau d’effort plutôt qu’une allure cible. Pour se déstresser vis-à-vis du chrono, il est aussi conseillé de faire des sorties test (800 à 3K maxi) à allure visée histoire de se rassurer sur sa capacité à tenir l’allure.

Enfin, le coach envoie les Racer sur la piste. Il conseille des « Tempo Run ». L’allure du tempo run est difficile à expliquer, d’autant plus qu’on ne fait pas trop ça en France. Il me semble que c’est assez proche d’une allure 10K mais en un tout petit plus confortable. Par contre, c’est tenu sur de longues périodes : 20 à 30 minutes (merci à Marjolaine pour les compléments d’explication). Le but est d’être très régulier sur chaque kilomètre. Ensuite, on peut faire des « acceleration run » : 800m allure marathon, 800m allure « Tempo Run », 800m allure 5K, 800m à donf !

Voilà voilà. J’espère que cette petite plongée dans le running anglo-saxon vous aura intéressés. J’ai trouvé l’approche intéressante et je n’ai jamais lu de chose similaire en France. Encore merci à Mohamed qui m’a fait suivre le lien 🙂 !

50 comments

  1. Article super intéressant. Je pense que je suis un mélange des deux. Mais ça m’intéresse parce qu’en ce moment je cogite pas mal sur la suite que je veux donner quant à ma pratique de la course à pied. L’article ajoute quelques questions à ma réflexion. Merci à toi.

      1. Je commence à en parler au détour de certains posts, petit à petit… Ca concerne surtout la gestion des courses, mon approche des compétitions, etc… Désolé, c’est encore moins clair là ! 😉

  2. Plutôt racer pour ma part, mais sans pour autant regarder le classement (heureusement, vu mes chronos ^^).
    Un peu de mal à m’entraîner seul, et du genre à exploser mes plans de course en partant trop vite par rapport à ce que j’avais planifié, avec du coup des explosions en vol plus ou moins importantes.
    J’ai réussi une seule course pacer (mon record sur semi, avec negative split à la clé) et j’avoue que c’était fort agréable…

    1. Rah oui, les negative split sont souvent bien plus agréables que l’inverse je trouve. Tu finis en accélérant, c’est gratifiant et tu en as sous le pied pour finir, trop cool. Mais après ça devient de la dentelle pour resserrer au max et ne pas non plus courir en dessous de ses capacités … Là j’abandonne, c’est trop compliqué ^^ !

      1. Le seuil, c’est plus rien (je te resors bêtement mes cours…). Les plans que tu trouveras estampillés FFA te feront courir à l’alllure.
        Dans le temps, le seuil correspondait grosso merdo à ton allure marathon.
        Physiologiquement, c’est l’état où ton organisme n’est plus capable d’alimenter en quantité suffisante d’oxygène tes muscles pour faire le travail qu’on leur demande. Tenir le seuil c’est obliger ton corps a fonctionner en anaérobie, c’est à dire en déficit d’oxygène. Pour l’obliger à développer de nouvelles capapcités, à progresser.
        Du point de vue des sensations, quand tu galopes, tu respires comme un boeuf, tu ne peux pas causer, mais tu es capable de tenir ça pendant 3x3000m (par ex).

        1. Ah merci pour ces précisions ! Tu devrais en faire un post parce que personne ne parle de la même chose quand on évoque ce fameux seuil !

      1. Ben écoute, j’ai essayé Mogwai aussi, c’est pas mal. Mais des morceaux plutôt posé, d’ambiance quoi. Ca colle bien avec le ton, les couleurs, les pandas, tout ça.

        Et sinon, tu lis le blog vers quelle heure ? Plutôt le matin ? Ou le soir en mangeant ton yaourt ? Je trouve qu’il est plus du matin moi.

        1. Hum, à vrai dire ça dépend si j’ai passé la nuit à débattre avec des amis minimalistes de l’influence de William Burroughs dans le mouvement des footballeurs indignés honduriens unijambistes. Donc à ta question, je répondrais oui et non.

          1. Oui mais comme il a été discuté auparavant, je trouve ça un peu limite. Certes, ils ont bien avancé leur points, la plupart sont défendables. Mais d’un autre côté, je trouve ça parfois un peu facile, pour le pas dire limite démago. On en a tellement entendu dire « alors oui, moi je veux vous dire, j’ai vu ça, et franchement ça me paraît évident » que ça ne veut plus rien dire ! C’est trop facile. Peut-être que Manue peut nous éclairer sur ce point justement. On a besoin d’approfondir le sujet.

  3. D’après le descriptif, je serais Pacer sans aucun doute, avec de la réserve sous le pied (au cas où, imagine ils disent 17 en trail et en fait y’en a 3 de plus à faire ^^) bon ok, excuse bidon, et puis l’angoisse d’avant course, bon bref, on va s’allonger sur le divan…
    Sinon « Pacer » a un autre sens sympa en trail, si je peux me permettre, il s’agit d’un accompagnateur, il court pour être une sorte de soutien et de meneur d’allure pour son poulain, concept US pour les courses into the wild grand format avec faune locale et risques en tout genre…

    1. Aaah ouais ça parait logique, « pacer » dans le sens « celui qui donne le rythme » … Un espèce de lièvre quoi ?! Je savais pas que ça existait pour le trail ! High five pacer team 😉 !

  4. oui tempo c’est allure « proche du seuil ».
    alors moi je suis une racer. Même si je ne me reconnais pas exactement dans la description. Peu m’importe comment se passe la course, ce n’est que le résultat qui compte. Zéro souci avant, mauvaise humeur pendant quand ça va pas comme je veux.

    1. Ah ! Je suis contente de voir qu’il y a des racers ! J’en connais pas beaucoup alors je croyais que ça n’existait que dans l’imagination du coach huhu. Peut-être aussi parce que tu as un niveau élevé ?

  5. Sympa comme typologie. Surtout les conseils du coach à la fin 🙂
    Côté angliche, comme l’ont dit PAP et Zoé, « tempo run » c’est ce qu’on appelle allure seuil. « Good kick » c’est la capacité à relancer, ton « explosivité » c’est très bien. Et si je peux me permettre un dernier pour la route, le « time trial » que tu as traduit par « sortie test », c’est en fait un « contre-la-montre ». Le but est de se fixer une distance et d’y aller à fond, de tout donner (all-out).

  6. Un bon gros pacer pour moi! 😀
    Mais je suis sûr que ça me plairait d’être racer s’il y avait un enjeu de classement à la fin de la course mais c’est rarement le cas (la 650ème place ou la 651ème ça ne change pas grand chose ^^)
    Sympa en tous cas l’article!!

  7. Le « racer », c’est mon univers en entraînement. Je fais du tempo run une fois par semaine pour des montées d’acide lactiques. Je cherche à repousser l’intolérance de la vitesse. Pas toujours facile comme tâche !

    1. Tu m’étonnes ! Je m’intéresse de plus en plus aux méthodes d’entraînement anglo-saxonnes, ça a l’air moins calculé que les méthodes françaises … Plus axé sur la sensation. Les tempo run, ça n’a pas l’air d’être simple mais ça doit aider à se fixer des objectifs réalistes !

  8. C’est marrant hein comment les entrainements et sorties spécifiques et tout le tintouin ne se font pas à la même sauce entre les pays. Je dois dire qu’au début, j’avais du mal avec le côté super scientifique et chiffré des « entrainements français ». J’ai toujours du mal d’ailleurs… (je suis « overwhelmed » quand je m’y plonge) Et c’est pour ça que j’ai de suite beaucoup plus accroché avec l’approche américaine. Les tempo runs, les sorties Fartlek, je trouve que c’est moins prise de tête. Sinon, c’est rigolo qu’on ait parlé des tempo runs juste la semaine dernière. C’est bien tombé 🙂 Bon, et puis, pas la peine de te préciser que je suis dans la catégorie « pacer »…

    1. Yeah Pacer pour toi, ça me paraissait naturel 😉 ! C’est clair que l’approche française fait vite mal à la tête. J’y ai pensé ce matin : je testerais bien un plan américain ! Juste pour voir ! Tu t’approvisionnes sur quel site ? Question conseils et tout ?

      1. Alors, je n’arrive pas à retrouver où j’avais trouvé (en 2013) les 2 plans qui m’ont servi de base pour mes training plans pour les semi-marathons. Je les avais imprimés et avais mixé un peu le tout. Par contre, je lis les running tips, training tips, workouts sur Runner’s World, sur http://running.about.com ou encore http://running.competitor.com/category/training. Et puis, je lis des blogs américains. Elles partagent souvent leur plan d’entrainement. Tout ça diffusé, digéré, mixé à ma sauce… et le tour est joué 😉 (je pense depuis longtemps à faire un post sur mes blogs de running américains préférés… rrraaa je crois que j’ai trop d’idées de posts et, au final, ça me paralyse et j’en écris pas le tiers… et maintenant, ça me donne l’idée de parler de ces sites justement… je pense que je ne me rends pas forcément compte que ma petite tambouille et mes petites recherches peuvent intéresser les autres).

        1. Rah mais SI carrément, écris, écris, écris, c’est super intéressant d’avoir d’autres approches de l’entraînement ! On a tendance à oublier que la technique française n’est qu’une technique parmi tant d’autres … Et pas la plus simple. En plus, ta tambouille a l’air d’être très efficace donc ça va forcément intéresser !

  9. Sympa de voir les choses sous cet angle…
    je pense etre Pacer mais sans le stress d’avant course, avec un soupçon de Racer quand même.je suis obligé de regarder le classement pour voir dans quel ‘pourcentage’ je suis pour conforter ou non l’impression d’une bonne course ou pas 🙂

    1. Héhé tu es le profil parfaitement équilibré entre les deux ! C’est une bonne chose ça ! Parce qu’un pacer sans le côté « stressé » peut sans doute faire des trucs très bien !

  10. A regarder les commentaires et mon cas personnel, c’est un peu schématique non ? On trouve souvent des traits dans les deux catégories, reste à voir si on en a plus dans un ou l’autre. A notre niveau, je pense qu’on aura plus de pacers, parce que jouer le classement… Chaud chaud 🙂 Je le regarde toujours cela dit, pour me situer ! Mais je comprends que le mec qui fait des podiums s’intéresse plus au podium justement qu’au temps en lui-même. Il est sûrement déjà à son maximum, il veut juste kiffer la compèt. Nous on cherche à progresser plutôt, donc le chrono.

    Donc à nouveau, je pense que pas mal de conseils de mecs habitués à entraîner des « bons », ça doit se relativiser. C’est un peu comme quand j’écoute à la radio un ancien international donner des conseils dans son sport : je prends ça avec des pincettes, les préoccupations de ces mecs ne sont pas exactement les nôtres, même si un partie reste commune !

    Je devrais écrire un bouquin « la course à pied pour les moyens, écrit par un moyen ». Ça pourrait le faire non ?

    1. Oui bien sûr, c’est complètement schématique ! On est la plupart entre les deux. Par contre, je trouve les conseils pas inutiles, quel que soit le niveau : pour moi qui suis plutôt pacer, aller vers plus de fartlek et de recherche de « sensations d’effort » plus que d’allure, ça me semble être une bonne stratégie. Parce que c’est toujours quand j’ai trop le nez sur ma montre que je me foire …

      1. racer à entrainement. Clairement. J’aime pas les footings 🙂
        Sauf avec des potes en discutant (ou en se tirant la bourre!)

        Ma « vision », c’est que pour une course sur route ou un trail court, si c’est pas pour jouer le chrono, autant pas faire de course et rester avec ses potes.

    1. Ouais ça reste de grandes lignes, on est sans doute tous un peu de l’un et de l’autre. La première fois que j’ai lu l’article, je me suis dis « oh mais je serais bien un peu racer » … Et quelques jours plus tard, je me mettais du côté des pacers ^^. Bref … !

  11. Mais qui suis-je ? dans quelle étagère ? aaaaaah to be a pacer or a racer that is the question…
    Bref, je ne sais pas. Je ne me pousse jamais assez pour être un vrai « racer » mais je réussi pas du tout le négative split parce que je ne ‘pense’ pas à tous les aspects de la course.

    Je rajouterai une catégorie en fait « le contemplatif ». Celui qui court pour regarder autour et en lui (psychologie de comptoir is back!!) mais qui se rajoute quelques courses « pour voir ».

    En revanche, je me retrouve parfaitement dans ton illustration sur tapis de course, je veux aller plus vite que mes voisins!

  12. Ohlala, je suis un pacer dans toute sa splendeur alors ! Pacer ascendant ‘j’y arriverrai jamais’ ^^. Courir plus aux sensations et avoir confiance, c’est ma quête ultime ! Je suis sûre que si j’avais pas de cerveau, je courrai mieux. Enfin, pas sûre que ce soit une bonne idée, quand même.
    En tout cas c’est très intéressant cet article !

    1. Ahah, c’est mon souci principal aussi ! Je pense que faire davantage de courses, pour se déstresser un peu et arriver à bien appréhender les sensations peut être une piste. Je trouve que plus on en fait, moins on est stressé. Mais je planche toujours sur le sujet, c’est pas simple 🙂

Leave a comment