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Reprendre contact (et adieu 2014)

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Chers amis, je dois vous l’avouer : je traverse une période tourmentée. Oh, rien de grave, j’ai une propension énorme à fabriquer les problèmes (donc, pour être claire : je ne suis pas malade, je n’ai pas de problème sentimental, familial, amical, financier). D’ailleurs, j’ai écrit un bilan 2014 tellement tristounet que je ne pense même pas le publier. C’est vrai, pas la peine de vous coller le bourdon en cette période un peu grise pour tout le monde !

Heureusement, je trouve parfois suffisamment de ressources pour mettre mes baskets. Et c’est assez salvateur.

Jeudi, après une journée cauchemardesque ambiance gueule-de-bois, manque-de-sommeil, grosse-pression, gros-choix-persos, galères-pro, je vais ENFIN courir. Je n’y vais pas forcément de gaieté de cœur mais je sens que c’est nécessaire, limite vital.

L’après-midi, j’avais pris conscience que depuis plus de 24H, j’étais complètement sortie de mon corps. C’est bizarre de dire ça mais je l’ai ressenti comme ça. J’étais tellement prise au piège de mon angoisse que les choses physiques ne m’atteignaient pas. Comment vous expliquer … C’est comme être un cerveau qui mouline, mouline, mouline et tourne en rond, si bien que vous faites abstraction des choses, des gens, des sensations. Vous êtes enfermé dans vous-même, aveuglé et désorienté. Oui, j’étais un peu comme une taupe hystérique confinée dans un bocal. Bref, très étrange et désagréable expérience, vous imaginez bien.

Alors je suis allée courir et j’ai repris contact avec la matière. Avec mon souffle, mon corps, mes sensations, l’odeur qui s’échappait des restaurants, les lumières bleutées du pont Flaubert, le son de la respiration de cet autre coureur. Le tableau dans lequel j’évoluais retrouvait petit à petit des contours, du relief et des couleurs. Je suis sortie de mon cerveau pour aller incarner mes muscles, mon cœur, mes veines … et aussi mon sang, ma pression artérielle, mes bronchioles, mon foie, mes globules blancs, mes globules rouges … Je blague 😉

J’ai arrêté de mouliner aussi, au moins le temps de ce footing, soit 43 minutes. C’est mieux que rien.

Je n’ai pas trouvé de solution mais j’ai ouvert une petite fenêtre et j’ai respiré un grand coup. Je me suis un peu rééquilibrée et j’ai fait un pas en arrière pour contempler tout ça d’un peu plus loin. Pour faire simple : courir m’a fait du bien, comme souvent.

En me relisant, je trouve cet article à la fois très intime et très… hum… mystique ? Je suis désolée si je vous perds, ça ira mieux quand je me serai (re)trouvée. Dans ce bilan 2014 que je ne vous ferai pas lire, j’ai écrit « Si l’Ecosse était un nouveau départ, force est de constater que je ne suis toujours pas arrivée à destination. Enfin, tant que je suis en chemin … ».

Je vous souhaite de très joyeuses fêtes ! Que le chemin soit beau, surprenant et apaisant !    

16 comments

  1. « taupe hystérique confinée dans un bocal » –> Magnifique image d’illustration. Étonnant d’ailleurs que tu n’aies pas trouvé ça sur Google. ^^

    Je comprends très bien la petite fenêtre qui permet de respirer et prendre du recul. Indispensable dans les périodes de tourbillon de la vie !

    Dommage pour le bilan (la phrase extraite est très jolie, soit dit en passant). Et force & courage pour le reste !

    Je te souhaite de bonnes fêtes.

    1. Merci Carole, je n’ai jamais autant senti combien la course à pied était devenue essentielle à mon équilibre. A la fois, c’est rassurant de savoir qu’il y a cette soupape. C’est quand même une chance incroyable d’avoir ça. De très bonnes fêtes à toi aussi ! 🙂

  2. Ma belle, rien de mystique, tu décris très bien un phénomène que je vis tellement souvent !
    Le running me permet cette incarnation dont tu parles. Sinon, je serais en permanence à mouliner. C’est ma tendance numéro 1 également, sortir de mon corps, investir la tête et les émotions, décoller de la réalité….c’est très dangereux et très douloureux à vivre. Alors vivent ces petites « fenêtres » ouvertes par le run, multiplions-les et essayons de maintenir l’état « ancré » qu’elles nous permettent. Ancré, enraciné, dans le sol, dans le réel. C’est marrant, mon dernier article sur le blog parlait de ça aussi….
    Plein de courage à toi et de solidarité féminine car je me sens dans le même chemin pas DU TOUT arrivée et avec tellement de rebrousse-chemin que je me dis mais avancerai-je vraiment un jour? En fait oui mais c’est ultra chaotique.
    J’avais une image marrante à partager mais zut on ne peut pas ici je crois 🙂

    1. Merci pour tes mots, j’avais lu avec attention ton article et je comprends tout à fait ce que tu veux dire. Je crois lire entre les lignes que nous avons traversé des choses un peu similaires (même si moins fortes et surtout moins longues de mon côté). D’ailleurs, tu parles de Catherine Hervais et si je n’ai pas pu m’engager dans une thérapie avec elle, lire son livre a été tout à fait salvateur quand j’avais 18-20 ans. Ça m’a sorti d’un sacré truc ! Bref, hier soir je suis allée courir sans rien, sans montre, sans chrono, ça ma fait du bien. Ton article m’a sûrement inspirée 😉 ! Et oui on avance, j’en suis convaincue ! Le truc le plus dangereux serait sans doute de laisser tomber et de se contenter de quelque chose qui ne nous correspond qu’à moitié. Donc, je dis qu’on peut être fières de nous !!

  3. Cela s’appelle de la méditation active, non ?
    En tout cas je vois bien de quoi tu parles, et moi aussi je suis souvent obligée de m’arrêter, de respirer ou d’aller courir pour reprendre conscience de mon corps, de l’instant présent et du fait que les pensées qui tournent dans ma tête ne sont que des pensées.

    1. C’est peut-être bien de la méditation active oui, je n’en ai jamais fait de passive alors je ne sais pas trop. « Les pensées ne sont que des pensées », voilà une phrase qui va me rester. Je fais un peu partie des gens qui ont tendance à croire que la pensée est presque un acte, un fait, un truc qui inscrit les choses. Alors merci de m’en faire prendre conscience 🙂

  4. coucou Emmanuelle,
    J’aime beaucoup la dernière phrase « Si l’Ecosse était un nouveau départ, force est de constater que je ne suis toujours pas arrivée à destination. Enfin, tant que je suis en chemin … »
    Cette phrase résonne en moi. Je pense que le plus important n’est pas la destination mais bien le chemin… Prendre une route, rebrousser chemin, choisir le bon raccourcis… Ca c’est excitant parfois fatiguant mentalement et inquiétant ! Mais tant que tu es en chemin tu finiras pas arriver à destination 🙂 biz

    1. C’est un truc qui m’avait marqué chez toi ça, la volonté que tu as de mener la vie que tu as choisie, de faire tes choix, de les assumer, de prendre des risques. Je suis très admirative, d’autant que tu as l’air de savoir ce que tu veux ! Il y a quelque chose qui me semble essentiel, c’est d’entrer en action (plutôt que de passer son temps à TROP réfléchir). J’ai la sensation que tu sais être dans l’action, c’est une sacré qualité ! Bref, tu m’as inspirée à ta manière 😉

  5. Tout cela sent le petit coup de spleen d’après marathon….
    La fatigue de l’hiver…
    Bref un coup de mou « normal »
    Alors si en plus, faut gérer le boulot, l’immo…. bah c’est crevant.

    Tout ça, pour dire que je suis certain qu’après les fêtes, la pêche va revenir.

    Bilan 2014 : un post »j’en ai marre, plus d’envie de running…. » et 1 mois après, « bon, je vais courir un marathon à Athéne. »….
    C’est plutôt positif.

    Bonnes fêtes à vous 2 et à tous tes followers.
    Thibault FORESTIER

    1. C’est certain, la fatigue et les choix importants sont des déclencheurs de ce type de réaction. Mais quand tu n’arrives pas à gérer tes émotions (comme c’est mon cas), tu te retrouves vite pris(e) dans une spirale et tu ne sais plus en sortir. Je suis plutôt nulle pour relativiser en plus de ça. Heureusement, j’ai un boyfriend très fort dans ce domaine et très terre-à-terre, ça aide. Et puis courir aide énormément aussi ! Bref, c’est un peu différent de la dernière fois, mais rien de dramatique bien sûr ! Merci pour ton commentaire et bonnes fêtes à toi !!

  6. Te comprends très bien. J’avais commencé un bilan puis j’me suis lancée dans un autre article qui finalement me file vachement le bourdon. J’sais pas il se passe un truc en moi depuis que je sui loin, autant physiquement que mentalement. Et comme toi, je m’accroche aux petites fenêtres. Bisous 🙂

    1. Ton post m’a touchée parce que j’étais aussi dans ma famille quand je l’ai lu et je pense avoir compris ce que tu ressentais, même si la situation est différente. Bisous aussi 🙂

  7. « Je suis en chemin… » J’appelle ça du positif. Hang in there, comme on dit par ici. J’ai envie de croire (parce que ça m’arrange aussi ;-)) que le fait de ne pas se contenter de ce qu’on a, et qui ne nous convient pas, est une « qualité ». C’est pas une « qualité » facile à gérer, mais c’est vachement courageux de ne pas « s’endormir » dans une petite vie confortable et pas réellement satisfaisante. Maintenant, il faut arriver à passer du moulinage de cerveau à l’action… et ça, c’est pas évident. Certaines personnes y arrivent très bien. Je les admire. Je ne sais pas trop si c’est ton cas ou pas. Quoiqu’il en soit, sache que les sensations/sentiments que tu décris, je vois très bien ce que tu veux dire. Ce ne sont pas des périodes faciles. Accroche toi à la course à pied. Dans ces moments-là, on a envie de rien, mais force toi à aller courir. Comme tu le dis, ça t’aide à prendre du recul, à arrêter le cerveau au moins le temps du run et à reconnecter. Plein de courage 🙂

    1. Un grand merci à toi ! Je ne suis pas de celles qui passent facilement à l’action, j’ai toujours un truc à régler dans ma tête avant d’avancer. En fait, j’attends que tout soit parfaitement clair dans mon esprit pour agir. Mais ça n’arrive jamais ahah. Enfin, je tâtonne quand même, j’avance un petit peu, pas à pas, à mon rythme. Ça finira bien par me mener quelque part ! 🙂

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