Un premier semi-marathon aux Chasseurs de Temps !

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« I DID IT ! » : récit d’un premier semi-marathon

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Hier, je vous racontais le semi-marathon des Chasseurs de Temps d’Annelise, mais de mon point de vue. De son côté, elle a écrit un compte-rendu. Pour elle, parce qu’elle en avait envie. J’ai trouvé que ces mots traduisaient parfaitement ce qu’on peut ressentir avant, pendant et après ce genre de défi. Je n’ai pas résisté à l’envie de vous le partager. Qui sait, ça créera peut-être des vocations ?

Avant la course : le(s) questionnement(s)

Il faut bien avouer que les jours d’avant le jour J, je n’étais pas tranquille. Je doutais de plus en plus de mes capacités physiques et mentales à parcourir une telle distance. J’avais beau essayer de me persuader que mes doutes, mes angoisses, mon stress étaient plutôt rationnels et même probablement naturels, je n’arrivais pas à atténuer ce nœud remuant à l’intérieur de moi qui me poursuivait jusque dans mes rêves. Après tout, c’est plutôt cohérent de s’interroger sur la manière dont les choses vont se dérouler lorsqu’on s’embarque vers l’inconnu, c’est juste que dans mon cas, le petit paquet de doutes s’est transformé en un milliard de questions. Là encore, cela correspond à ma manière naturelle de penser les choses, alors finalement tout semblait en ordre autour et en moi.

Les deux dernières semaines, davantage par manque de temps que par véritable choix, j’ai opté pour le repos de mes muscles et la théorie du « tes muscles doivent assimiler les efforts des semaines passées, A présent ça ne sert plus à rien de leur en demander trop, ils n’auront pas le temps d’acquérir la nouveauté, alors continue de trottiner, mais n’en fais pas trop pour être pleine d’énergie dimanche. C’est super important la phase de repos tu sais !» J’aimais bien l’idée que mon corps travaille même quand il n’est pas en plein effort et puis de toute manière, je fais pleinement confiance à ma coach et à son bûcheron, ce sont des « vrais » eux, ils savent de quoi ils parlent et ils ont tout à m’apprendre !

« Mais Manue, cette semaine je n’ai fait qu’une seule sortie de 10 kilomètres tous doux, c’est pas assez hein ?! Je devrais en refaire au moins une autre hein hein ?! Ca va pas le faire dimanche du coup c’est ça hein hein hein ?!!! ». Heureusement, Manue connaît « la bête » et sait comment lui parler ! Plutôt que d’envoyer valser mes questions en me servant du conseil-type, elle a réellement pris en considération chacun des doutes que je lui exprimais en y répondant avec bienveillance et sérieux. C’est l’avantage d’avoir une amie si proche en coach, elle sait que je n’aurais pas su me contenter ou me sentir apaisée par de simples « mais si ça va le faire ! Arrête de réfléchir et cours ! ». Alors quand je lui ai dit que surtout mon objectif c’était de terminer dans de bonnes conditions, sans me dégouter, sans me faire mal, lui précisant que l’idée de terminer en 2h30 me semblait possible. Celle de 2h20 me séduirait. Et que celle de 2h15 me rendrait fière, elle a pris cela très au sérieux. J’ai beaucoup aimé et même trouvé ça vraiment rassurant qu’elle ne me réponde pas (ce qu’elle m’a, plus tard, avoué avoir pensé sur le moment) quelque chose de bateau du genre « je sais que tu vas finir ».

Et puis quand, de son œil d’experte, elle a jugé que ma foulée allait très bien et que je « gérais bien mon affaire » en terme d’efforts, je me suis dit que je n’avais qu’à continuer à lui faire confiance. La veille de l’événement, le retrait des dossards et le repérage des lieux rendent soudain la chose très concrète ! Je redouble de questions pratiques à adresser à ma coach amusée : « Mais en fait, est-ce que je dois manger des pâtes ce soir ou demain matin ? ».

Un matin apaisé

Au réveil, je m’étonne d’être d’aussi bonne humeur et me trouve particulièrement détendue. Finalement, Manue apparaît plus stressée que moi ce matin. Il est 6h, le jour se lève et les copines rentrent de soirée, c’est drôle ce décalage. Manue me fait rire à chasser les corbeaux qui tentaient de répandre leur mauvaise augure sur notre chemin ! A Vincennes, l’ambiance est à la convivialité et c’est agréable. Le départ des 7 et des 14 km me fait battre le cœur. « Tu peux arborer fièrement ton dossard des 21 km, il n’y a pas beaucoup de filles qui en portent ! – Oui, eh bien justement, je ne suis pas sûre d’en être digne ! »

Sur la ligne de départ, je me sens un peu perdue au milieu de cette foule essentiellement masculine. J’aimerais qu’il n’y ait pas que « des forts » mais aussi des coureurs pour qui c’est une première. Je cherche mon frère du regard, il est censé être là pour le top départ, allez quoi, ça me donnerait du courage je considérerais ça comme un bon présage. A côté de moi, je sens Manue concentrée, mais son sourire plein de douceur et de « t’inquiète pas je suis là » m’apaise. Je crois qu’on n’a plus besoin d’échanger de mots, on partage ce moment ensemble et c’est déjà un plaisir de nous trouver toutes les deux là, sur cette ligne de départ. Elle regarde au loin ce qui se passe et attend sagement de pouvoir s’élancer. C’est assez déroutant cette attente quand on n’entend pas les commentaires au micro et que nos montres n’affichent plus l’heure parce qu’elles sont prêtes, elles aussi à être lancées. Et tout à coup PAF ! Le coup de feu est donné ! Je ne suis pas sûre qu’il s’agisse DU moment, mais à en croire l’expression de joie et d’excitation de ma coach, le doute n’est plus permis ! Elle me fait un bisou encourageant de « allez maintenant rendez-vous quand tu seras semi-marathonienne ! » et en avant !

Je la vois disparaître devant moi et je me dis que cette fois c’est à moi que je dois faire confiance. Il y en a du monde sur cette longue allée royale ! Je laisse volontiers les coureurs me dépasser, j’essaie même de me faire une place dans un coin sans gêner personne pour faire mon petit tour tranquille, comme je l’avais prévu. Je me concentre pour me caler sur ce mode mais le retentissant « Vas-y Anneliiiiise ! » de mon frère qui surgit du bas côté, me donne déjà un bon coup de fouet ! Cette fois tout est vraiment en ordre, je n’ai plus qu’à trouver mon rythme et profiter du parcours.

Prudence

Pour économiser mes forces au maximum, je ne me suis pas du tout échauffée. Je sais qu’il faut un peu de temps pour que mes jambes se mettent en marche et que la machine du corps s’active mais je ne me sens décidément pas à l’aise sur les 6 premiers kilomètres. Je peine à trouver mon rythme et j’ai l’impression que c’est déjà difficile d’avancer. Je m’efforce de ne pas regarder les panneaux 15 ou 18 du troisième tour alors que je n’en suis qu’au premier ! Moi qui pensais pouvoir maîtriser mon allure au moins sur les premiers kilomètres, je me trouvais déjà bousculée dans mes espérances ! Cette première boucle que je pensais parcourir en mode découverte et détente aura finalement été la plus inconfortable.

Mais à peine le temps de me demander pourquoi je me sens si amorphe que déjà je sens tout mon corps se réveiller (good job les endorphines !). Au 7ème km, j’aperçois ma belle sœur qui me fait des grands signes enjoués pour m’encourager. Mon frère ne prend pas son rôle de supporter à la légère et je me sens presque gênée qu’il mette autant d’énergie à me signifier son soutien et à me crier ses encouragements alors que mes compatriotes semblent en manquer. Il court plusieurs mètres à ma hauteur, histoire que je lui dise que tout va bien et que j’espère les retrouver encore au tour suivant ! Je suis tellement contente de les voir que j’oublie de prendre de l’eau, tant pis j’attendrai le ravitaillement du 11ème. Je me sens boostée et ne dissimule pas mon sourire de bien-être sur les mètres suivants.

Symboliquement, ça me fait du bien de passer la barre des 10. Un peu plus d’une heure que je cours, oui ça correspond à ce que j’avais en tête. L’averse est plutôt rafraîchissante, le parcours très agréable, les bénévoles encourageants, ma playlist motivante, je me sens bien. Je me surprends à doubler de plus en plus de coureurs et me demande sérieusement si ma montre ne se plante pas en m’indiquant du 5,35/km alors que je me sens à l’aise pour tenir le rythme. Je crois me souvenir avoir bouclé le second tour en 1h24. Là encore, mon duo choc de supporters me procure une énergie folle. En courant avec moi, mon frère arrive à me faire rire avec des blagues. Je lui glisse qu’à partir de maintenant je vais entrer dans l’inconnu et que je ne sais pas du tout ce qu’il m’attend. « 7 kilomètres, tu l’as déjà fait des tas de fois, tu peux le faire encore ! ». Il me fait remarquer que j’ai vraiment un bon rythme par rapport à celui des entrainements et je m’inquiète d’avoir trop pris la confiance en constatant que ma montre lui donne raison.

L’entrée dans l’inconnu

Plutôt que de penser le reste du parcours en kilomètres, je préfère me dire qu’il n’est plus constitué que d’une unité, une seule boucle, la dernière. Du 14 au 18ème, comme j’ai (légèrement…) tendance à me poser trop de questions, j’ai cherché des raisons de douter. « Je vais trop vite, ça va forcément craquer à un moment ! Je ne peux pas tenir comme ça, je ne le fais jamais ! Et comment ça se fait que je suis au coude à coude avec ce grand monsieur au tee-shirt vert qui a l’air bien entraîné ? J’ai un peu chaud, mais c’est vrai que je n’ai mal nulle part et ni mon souffle, ni mes jambes ni mon cœur ne semblent décidés à lâcher le morceau. Non décidément, je ne vois aucune bonne excuse pour ralentir, alors je n’ai qu’à maintenir le pilotage automatique et rouler, on verra bien où ça me mène ! ». Ca m’a mené au 19ème qui m’a définitivement interdit de laisser de la place à l’éventualité de ne pas terminer cette course. Puis au 20ème qui m’a permis de commencer un petit décompte…jusqu’à ce que j’aperçoive Manue qui m’attendait pour franchir avec moi les 500 dernières mètres avant la ligne d’arrivée. Je m’attendais à la voir surgir vers la fin pour soutenir sa pouliche mais je ne pensais pas être si proche de l’arrivée ! Pour l’anecdote, la pauvre a mis du cœur à m’encourager et a voulu se placer à ma hauteur pour que l’on court ensemble, mais à peine a-t-elle eu le temps de se positionner que je l’ai vu s’écrouler dans un « ahhhh non je me paye une crampe ! ». Seule, j’ai donc continué dans ma lancée jusqu’à l’arrivée, pestant contre la famille qui s’est mis pile sur mon chemin. J’ai entendu les cris de mes supporters toujours fidèles au poste et j’ai mis vraiment un moment avant de réaliser le temps qu’affichait ma montre : 2h02, c’est tellement moins que ce que je n’osais déjà pas imaginer !

Que de surprises pour cette première expérience du semi ! Malgré tout, je pense que le maître mot pourrait être la « prudence », comme dans « prudence est mère de sûreté ». Comme je ne me connais pas sur ce type de distance, j’avais besoin d’assurer sur celle que je connais, les premiers kilomètres. Pourtant, même si la stratégie continue de me paraître adaptée face à l’inconnu, je suis forcée de constater que c’est précisément dans la partie inconnue que j’ai pris le plus de plaisir ! De la même manière, j’étais sûre que si je finissais « entière » à l’arrivée je serais forcément sur les genoux, alors je ne m’attendais pas à avoir encore de l’énergie pour me réjouir de mon tour !

Je rêvais de pouvoir le dire, je crois que je peux désormais l’écrire : je suis semi-marathonienne ! Je ne sais pas tellement comment expliquer cela, mais en allant au bout de ce défi (qui me paraissait parfaitement inenvisageable il y a un an), je me sens très positive et pas seulement en ce qui concerne la course à pied !

C’est un peu comme si, même dans la vie en générale, je me rendais compte que le champ des possibles était plus ouvert que je ne le pensais.

Et ça fait du bien !

15 comments

  1. Super témoignage qui me donne envie de me lancer le défi du semi ! Sinon tout à fait d’accord avec la dernière phrase : courir (sur des 10 km pour le moment), me donne l’impression que je peux réaliser beaucoup plus de choses dans ma vie en générale.
    C’est un peu la magie du running !

    1. Oh oui, un semi, un semi ! 😉
      Clairement, j’avais ressenti la même chose quand j’avais commencé à allonger les distances. Pareil quand on améliore les chronos. Ça fait du bien à la confiance en soi !

  2. BRAVO BRAVO !! Tu peux être fière. Et merci pour ton récit. Ca rappelle des souvenirs ! Nous aussi, un jour, on a fait notre premier semi-marathon et on a eu les mêmes doutes et interrogations 🙂 Ta conclusion est très juste. Quand on commence à avoir ce sentiment, on comprend mieux pourquoi on continue à courir et s’inscrire à des courses.

    J’ai une amie proche qui va faire son premier semi-marathon fin Octobre. C’est moi qui l’avais motivé pour s’inscrire à sa première course, un 10 km (que j’ai couru aussi), en Octobre dernier. Et maintenant, elle va faire un semi-marathon. Je ne serai pas à ses côtés mais ça me fait plaisir d’être LA personne à qui elle pose toutes ses questions. C’est un peu comme Emmanuelle et toi 🙂

    Bonne continuation (je suis sûre qu’il y aura une suite)

  3. Anne-Lise, les questions qui viennent pendant la course ne sont peut-être qu’un instinct qui incite à la prudence. En fait, t’es déjà dans la gestion de la course. En fait, t’es déjà une vraie Runneuse !
    Félicitations.

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