Saucony Progride Ride 5, je t’aime.

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La course à pied, un sport de bonhomme ?

4 février 2013
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Non, bien sûr. Mais.

Je ne me sens pas du tout « lésée » par mes potes mecs qui courent. Ils sont tous meilleurs que moi mais ne me donnent pas l’impression d’être une sous-merde pour autant. Ils me félicitent d’atteindre en course des temps qu’ils réalisent en footing de lendemain de soirée, ne me regardent pas de haut et je n’ai jamais entendu de blague sexiste sortir de leur bouche.

Non, ce qui m’irrite quelque peu, c’est le discours de certains médias spécialisés. (En passant : Spécialisés en course à pied, peut-être, en rédaction et en mise en page, beaucoup moins. Je suis chaque jour horrifiée devant certains titres de trail, rédigés en Comic sans MS et bourrés de fautes de français.)

BREF, je m’égare, comme toujours.

La petite phrase de trop

Mag trail

J’ai été estomaquée à la lecture d’un « dossier » sur la course à pied en hiver trouvé dans un magasine de trail que je ne citerai pas. Dans cet article, un encadré fond rouge, police blanche. Le thème : « L’hiver, comment s’entraîner en salle ? ».

Et cette phrase à propos des machines de cardio des salles de sport : « Ne pensez surtout pas que ces exercices sont des gadgets pour occuper les femmes ».

« DES GADGETS POUR OCCUPER LES FEMMES ». Comment, en 2013, peut-on écrire ce genre de connerie machiste ?

J’avoue, je n’ai aucun humour quand il s’agit de blague _si seulement c’en est une, et j’ose l’espérer, bien que ce soit absolument mal retranscrit si c’est le cas_ machiste. Pas que je n’aie pas de second degré (j’en ai même un 3ème, voire un 12ème) mais je ne trouve tout simplement pas ça DRÔLE car je sais pertinemment que pour bon nombre d’hommes, l’humour est un simple canal pour dire des choses qu’au fond, ils pensent quand même un peu.

De l’info « pour femmes ». Oui, mais pourquoi ?

Vous me direz, ce n’est qu’une maladresse, un « cas isolé ».

Sauf que.

Sauf que, sur runners.fr, on a une rubrique « runner’s au féminin » très rarement mise à jour et qui parle de « la drague en courant » ou de « courir en robe, c’est possible ? ». Parce que c’est bien connu, les meufs ne pensent qu’aux mecs et au shopping.

Sauf que, pourquoi des titres de presse spécialisés « course à pied pour femme » ? Parce que ce n’est pas le même sport pour les femmes et pour les hommes ? Pas les mêmes entraînements peut-être ? Pas les mêmes efforts, les mêmes courses, les mêmes distances, les mêmes blessures ?

Hé bien si, je crois que si.

Il y a autant de différence entre un coureur et une coureuse qu’entre un coureur à 12km/h de VMA et un autre à 20km/h de VMA. Nous n’avons peut-être pas les mêmes capacités physiques, mais le corps est quand même foutu pareil.

Et quand la presse, les sites web, les médias, font des différences homme/femme en course à pied, ce sont uniquement des différences d’ordre symbolique, sociologique, culturel ; en aucun cas des différences d’ordre physique ou physiologique. On va donc nous parler de sapes (qu’il faut forcément roses), de poids (qu’il faut forcément perdre) ou de gainage (qu’il faut forcément travailler au niveau du ventre et des fesses parce que c’est plus joli).

Alors merde, ne faites pas de différences si elles sont aussi creuses et terriblement clichées.

Pondez-moi de vrais contenus, qui me donnent envie de lire et de progresser.

PS : et les marques de sport, arrêtez avec votre rose pétasse, on veut du vert, du bleu (pas pastel), du jaune. D’autres choses quoi !

Mise à jour : j’ai lu avec plaisir un dossier consacré aux différences physiologiques entre femmes et hommes dans le dernier n° de Jogging International. Là, j’ai trouvé ça intéressant. Il y a du contenu, des faits, des infos intéressantes qui permettent de réfléchir un peu sur notre pratique. Merci, donc.

9 comments

  1. Tu le citeras pas mais on l’a tous reconnu. 😀
    Bon et blague à part, je sais plus ce que je cherchais sur ton blog pour retomber sur cet article, mais du coup ouais, je te suis complètement. Et j’allais te parler d’un article sur les différences physiologiques qu’était sympa mais en fait, ce doit être celui de ta mise à jour.

    Sinon, l’autre jour, surfant sur le web avec une grâce qui m’est propre, je me suis retrouvée sur un site de « running » avec un article d’une pertinence inouïe (et je pèse mes mots) qui expliquait comment draguer le coureur quand on est une coureuse. Faudrait que je te le retrouve, ça te plairait. Ou peut-être tu commettrais le meurtre le plus violent de toute l’histoire de l’ouest. Le pire c’est que c’était écrit par une femme… avec des arguments hyper intéressants : courez sans soutif ou juste en brassière colorée parce que les couleurs attirent le mâle… j’ai failli en faire un article démontage, mais j’ai pas eu le cœur à lui faire de la pub à cette idiote.

  2. C’est marrant, parce que ton article date d’il y a un an environ. Je trouve qu’on ressent beaucoup moins cette différence de traitement aujourd’hui. La faute à l’effet mode de la CAP qui oblige les professionnels du secteur a « accepter » la place des femmes (et à se remplir un peu plus les poches)? (ou alors je ne lis que de bons magazines pas sexiste pour un sou 🙂 )

    Cela dit, quand j’ai été dans un magasin spécialisé que je ne citerai pas (je n’ai rien acheté), un vendeur a super insisté pour me faire voir la collection d’une nouvelle marque spécialisée pour les femmes, en essayant de me convaincre avec du « c’est ultra féminin », « ça change des coupes classiques », « vous vous sentirez plus féminine » (jusqu’ici, mes cheveux longs et mes seins me suffisent monsieur héhé), comme si je ne courais que pour défiler en public (et puis, 50€ le débardeur, ça pique un peu).

    1. Disons qu’on va vers du mieux … Enfin, je sais pas trop. Je sens qu’effectivement, d’un point de vue marketing, tout le monde se frotte les mains avec ce nouveau marché. Mais du coup, je trouve qu’on en fait trop des tonnes sur l’aspect « running au féminin ». Fondamentalement, à part quelques spécificités niveau coupes pour les fringues, qu’est-ce qui fait la différence entre un homme et une femme qui court ? On a les mêmes entraînements, les mêmes objectifs, à peu près la même façon de manger … Pourquoi vouloir à tout prix différencier ce groupe « femmes » ?
      Ceci dit, ça répond à une demande, faut voir le succès des courses/sites/blogs/magazines orientés « running pour elles ». Mais moi j’me demande si c’est pas un retour en arrière justement. Pour ma part, je me considère comme un individu et plus spécifiquement comme un individu-qui-court que comme une femme-qui-court. Après, c’est pas le cas de tout le monde, bon … Mais les filles sont très bien acceptées dans le milieu du running, j’ai eu des échanges super positifs avec des coureurs hommes avec lesquels j’ai pu courir sur des courses « officielles ». Jamais de remarque déplacée ou quoi. J’ai l’impression que cette différenciation est super artificielle en fait. Enfin, je suis clairement un peu féministe, tu l’auras compris 😉 ! (Ce commentaire part dans tous les sens, sorry ! Mais c’est un sujet qui me passionne même si je sais toujours pas bien faire la part des choses).
      Après, la différence de traitement, on la sent dans des petites phrases anodines. Exemple, j’ai voulu m’inscrire sur une course de 14K mais elle était réservée aux hommes. Pour la version femmes (plus courte, évidemment), voici la présentation : « bien qu’adapté aux femmes, ce parcours n’en reste pas moins difficile et intéressant » . C’est ponctuel mais révélateur … Et c’est pour ça que je suis contre les courses féminines !

  3. J’approuve complètement. Il y a certes de la demande, mais ces courses féminines ne sont pas mon truc, à titre personnel. Je préfère que ce soit mixte, je trouve ça moins sectaire et de façon générale je n’aime pas trop tout ce qui tourne autour du « girls together », même si ça peut partir de la bonne intention de mettre les femmes en valeur, ça les stigmatise aussi par rapport aux hommes. Je ne désapprouve pas ces courses, elles trouvent leur public; mais je ne veux pas adhérer.
    Et je n’ai moi non plus jamais constaté de machisme sur une course officielle, et c’est tout à l’honneur de tous ces coureurs, qui ne font pas la différence. On est une silhouette avec des runnings, comme les autres; et ça me va parfaitement. Un mec qui court moins vite que moi ne m’a jamais dit que j’allais vite « pour une femme », ni un homme plus rapide que c’est normal que je n’aille pas plus vite (puisque je suis une femme).

  4. Perso, je cours toute seule pour de bonnes raisons. Je pratique aussi différents sports en salle et participe à des courses. Et bien je peux vous dire que j’en entends par moment des blagues très limites. Lorsque je fais des commentaires pour celles qui sont vraiment déplacées, j’entends me dire que je manque d’humour !

    1. Aaaah le fameux « baaah t’as pas d’humour ». Je connais. Par contre je dois avouer que j’ai assez rarement à faire à des remarques sexistes dans le milieu de la course à pied. Enfin, ça arrive quand même, hein. On devrait faire une compilation des phrases sportives sexistes qu’on entend … 🙂

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